Espèce en danger selon le livre rouge de l’UICN, la Tortue verte, Chelonia mydas, est surexploitée depuis longtemps. Sa maturité très tardive (vers 50 ans) est un facteur empêchant un renouvellement rapide des populations dans les régions où elle est encore massacrée. 

Tortue verte dans l’eau. © Renaud Fulconis / Awely

La tortue verte fait l’objet depuis longtemps d’une importante exploitation sur l’ensemble de son aire de distribution. S’y ajoutent aujourd’hui de nouvelles causes de mortalité comme les filets des chalutiers et autres matériels de pêche industrielle, l’ingestion de matières plastiques en mer, les pollutions marines (pétrole, DDT, PCB,…), et la destruction de leurs habitats.

Où observer une tortue verte ?

Sa répartition est très étendue et comprise entre les latitudes 40°N et 40°S. En Afrique occidentale, les sites majeurs de nidification sont dans l’archipel des Bijagos (Guinée Bissau) et sur l’île de Bioko. Des sites mineurs existent à São Tomé, en Guinée équatoriale continentale, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Angola,… Autour de Madagascar, les îles de Tromelin, d’Europa, de Grande-Glorieuse et de Mayotte sont des sites importants pour l’ouest de l’océan Indien. C’est une tortue migratrice et plutôt solitaire, sauf sur les aires alimentaires où les adultes des deux sexes se retrouvent.

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Comment vit une tortue verte  ?

Les tortues vertes nouveau-nées sont omnivores, essentiellement carnivores. Leur régime très éclectique est composé surtout d’Anémones, d’Éponges, de crevettes, de poissons. Aux stades juvéniles et subadultes, c’est le régime herbivore qui prédomine. Puis, à l’état adulte, le régime devient presque exclusivement herbivore. Il a été identifié plus de 200 plantes (Chlorophyta, Phaecophyta, Rhodophyta, Helobiae) consommées par les tortues vertes. Les immatures vivent dans des aires côtières de croissance où elles se nourrissent, sur les rochers, d’algues et des phanérogames qui y poussent. L’assimilation de la cellulose des herbes marines est physiologiquement rendue possible par le système digestif grâce à une fermentation microbienne sélective. Les femelles adultes peuvent se déplacer sur plusieurs milliers de kilomètres entre leur site de ponte et un herbier. La femelle nidifie tous les 2 à 4 ans pour 2 à 5 pontes à chaque fois. Le nombre moyen d’œufs est d’environ 100 par ponte, avec un maximum pouvant dépasser 200.

Comment reconnaître une tortue verte ?

La tortue verte adulte mesure de 80 cm à 1,39 m pour un poids d’environ 180 kg. Le nouveau-né mesure en moyenne 5,3 cm.

Sa dossière ovalaire est entièrement lisse et bombée antérieurement et est dépourvue de carènes et de marginales denticulées. Sa dossière est bleu gris, olivâtre, chamois, terne et le plus souvent unie chez l’adulte, avec quelquefois des rayures ou des taches sombres. Ses plaques sont juxtaposées. La tortue verte a une petite tête à museau court et arrondi, pourvue de grands yeux en amande. Son bec inférieur est faible et finement denticulé. Ses membres antérieurs sont robustes mais plutôt courts, couverts de grandes plaques. Le dessus de sa tête et des pattes est de couleur olivâtre, avec des écailles lisérées de jaune. Son plastron est blanc pur à blanc jaunâtre.

Auteur : Jacques Frétey pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)

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