Le bec du pélican blanc est garni d’une poche d’une capacité de 13 litres permettant le transport de 4 kg de poissons. Il est classé en « préoccupation mineure » selon l’UICN.

les pélicans

Nichoir des pélicans au Parc national du Djoudj. © Alice AUBERT

À l’échelle mondiale, les atteintes aux zones humides sont la principale menace d’origine anthropique pesant sur le pélican blanc, Pelecanus onocrotalus. On peut également citer la disparition ou les modifications du régime hydraulique à des fins d’irrigation, les fluctuations des niveaux d’eau et notamment les submersions des nids. Accusé ici et là de consommer trop de poissons, il est parfois victime d’actes isolés de braconnage et de chocs contre des lignes électriques ou de captures non intentionnelles dans des filets de pêche, voire sur des hameçons.

Il semble par ailleurs qu’il soit victime de contaminations notamment aux métaux lourds et de diverses maladies. Enfin, ses sites de nidification occupent souvent des espaces limités qui, à leur tour, conditionnent les effectifs pouvant occuper un site.

Cap sur le parc national des oiseaux du Djoudj

Le parc national des oiseaux du Djoudj abrite la plus importante colonie de pélicans blancs en Afrique de l’Ouest. Les oiseaux sont installés sur un nichoir qui a été conçu pour eux en 1987. Cet îlot est constitué de terres argileuses et aménagé pour accueillir les pélicans blancs durant leur période de nidification. Les effets de l’érosion ont scindé le nichoir en deux îlots bien distincts réduisant peu à peu la surface disponible pour la nidification. Le manque d’espace engendre non seulement l’impossibilité de nicher pour tous les couples mais également un échec de la reproduction dans certains cas car il n’est pas rare de voir les poussins tomber du nichoir et mourir par défaut d’alimentation.

Outre la surface de l’îlot qui peut agir comme facteur limitant du nombre de couples ou du succès de la reproduction, la principale menace naturelle venant des conditions du milieu est la prolifération des végétaux aquatiques envahissants. La présence permanente d’eau douce, sous de fortes températures, a créé des conditions particulièrement favorables pour le développement rapide de cette végétation. La Salade d’eau a un impact négatif sur l’ensemble de la biodiversité. Le secteur du nichoir des pélicans est, certaines années, complètement envahi autour de l’îlot mais également sur plusieurs kilomètres en aval. Cette prolifération a pour effet de rendre la recherche alimentaire impossible dans les marigots affectés.

Moins de 100 000 couples de pélicans blancs dans le monde

Le pélican blanc est réparti en deux populations, l’une dans le Paléarctique et l’autre en Afrique. On ignore toujours s’il y a des échanges entre ces populations. Dans le Paléarctique, il est nicheur en Russie puis en Europe du Sud-Est mais sur des sites très localisés, principalement en Grèce (lac Mikri Presta et golfe d’Amvrakikos), dans le delta du Danube et au Kazakhstan.

Les lieux de nidification en Afrique sont également peu nombreux : Etosha en Namibie, Dawson Islands et Sainte-Lucie en Afrique du Sud, les lacs Manyara et Rukwa en Tanzanie, les lacs Nakuru et Elmeinteita au Kenya, le Banc d’Arguin en Mauritanie, le delta du fleuve Sénégal (parc national des oiseaux du Djoudj) et le lac Chala en Éthiopie.

La population mondiale de pélicans blancs est estimée aujourd’hui entre 90 000 et 100 000 couples nicheurs. La population africaine représente environ 80 0000 couples et la population du Paléarctique, en constante régression, compte entre 7 000 et 8 000 couples.

Le pélican blanc  se répartit au sein de biotopes divers, tels les lacs bordés de végétation, les étangs, les marais, les deltas, les lagunes côtières, les marécages et autres vastes zones humides.

Les pélicans blancs sont des oiseaux philopatriques, c’est-à-dire qui tendent à revenir nicher sur le site de colonie où ils sont nés. Les colonies choisissent leur site de nidification en fonction de l’isolement par rapport aux prédateurs et à l’abondance de proies. Elles s’établissent sur des sites bien protégés entourés d’eau. Il s’agit le plus souvent d’îlots naturels ou aménagés situés sur des plans d’eau. Très grégaires, les oiseaux ont besoin de contacts visuels entre eux pour se sentir protégés.

Une méthode de « pêche » originale

Le pélican blanc est un oiseau piscivore qui pêche en groupe, uniquement en eau peu profonde. Sa consommation quotidienne varie entre 1 kg et 1,5 kg. Les techniques de pêche sont originales : les oiseaux forment une ligne et saisissent le poisson au passage ou forment un demi-cercle et poussent les poissons vers les eaux peu profondes. L’imperméabilité du plumage et le volume des oiseaux ne leur permettent pas de plonger. Ils capturent le poisson juste sous la surface. Ils introduisent leur bec dans l’eau de manière synchronisée. Leurs mandibules inférieures se creusent et se remplissent d’eau et de poissons. Ils contractent ensuite leur poche pour évacuer l’eau puis basculent la tête en arrière pour avaler le poisson.

Auteurs : Patrick Triplet et Charlotte Houpline, pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)

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