L’imperméabilisation, dommage collatéral des berges

Paru le 18.01.13 - Dernière modification le 08.08.14 - Un commentaire

L’Homme, altère les berges et les environs des cours d’eau pour gagner du terrain. Les berges bétonnées permettent de construire au plus près de l’eau et facilitent la navigation et l’amarrage des bateaux.

La création des berges permet de faire rouler les voitures, mais imperméabilise les sols. L’infiltration n’est plus possible.

Le bétonnage des rives et les modifications des tracés des cours d’eau entraînent une perte de biodiversité et l’assèchement de marais. Ces modifications entraînent aussi les inondations spectaculaires qui font les gros titres des journaux à cause de l’imperméabilisation des sols.

Des inondations qui se multiplient

Les inondations ont été multipliées par dix au cours des cinquante dernières années. Les inondations représentent 20 % des 670 catastrophes naturelles survenues entre 2001 et 2010 en France, selon un rapport d’Ubyrisk Consultants . Ce qui en fait la première cause d’aléas, devant les orages (17,5%) et les avalanches (17,3%). Malgré ces alertes répétées, 100 000 logements ont été construits en zone inondable dans 424 communes entre 1999 et 2006, d’après une enquête du SOeS.

En 2003, le Rhône a débordé suite à des pluies torrentielles, de l’ordre de 400 litres par mètre carré tombés en quelques heures. La ville d’Arles s’est retrouvée submergée, les pompiers ont pompé autant qu’ils pouvaient mais l’eau a vaincu. Pourquoi ? À cause de l’artificialisation des sols et, plus particulièrement dans le cas des cours d’eau, de la destruction (« aménagement » disent les promoteurs du bétonnage) des zones d’expansion, ces terres-éponges naturelles aux abords des cours d’eau qui absorbent le surplus d’une crue.

En 2003, il a fallu trois semaines pour évacuer l’eau du Rhône parce que les sols dénaturés ne pouvaient plus rien drainer. Pourtant, la convention Ramsar, signée par la France en 1986, est censée protéger les zones humides en préservant leurs caractéristiques écologiques. Inscrite dans la timide Trame verte et bleue du Grenelle de l’Environnement, elle ne suffit pas à empêcher l’artificialisation des abords des cours d’eau et la destruction des zones humides.  Non rétroactive, elle se borne aux milieux encore épargnés. Aujourd’hui, c’est le Var qui est touché, la troisième fois en trois ans. Et pour palier le problème, il est encore envisagé davantage d’aménagements, destinés à canaliser les eaux.

Ne pas s’attaquer à la base du problème

Plutôt que de s’intéresser aux causes du problème, l’Homme mise sur la surenchère d’aménagements et d’infrastructures pour le contourner. Il construit encore plus de canaux de dérivation et de digues. Sur les cours d’eau, les digues sont souvent submergées et, en mer, elles perturbent la circulation des courants et des sédiments, favorisant l’érosion côtière.

À Paris, les rives de Seine sont tellement artificialisées que l’institution « Les Grands Lacs de Seine », a été créée. Son rôle consiste à gérer les réservoirs, construits en amont de la région parisienne, destinés à contenir les crues du fleuve. Ces lacs ont englouti des hectares de forêt. La modification de l’écoulement prive l’écosystème des crues du fleuve, ce qui nuit à des espèces comme le brochet et la truite. Ce projet a fait suite à la crue de 1910, qui avait inondé une large partie de Paris.

Auteur : Christofer jauneau

Discussion

chamon
18 janvier 2013
14:29

La crue de 1910 n’a pas été meurtrière.

 

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