four incinérateur

Coeur du four de combustion d’un incinérateur. © Ridouan El Kadiri

L’incinération n’élimine rien, elle transforme la matière de façon radicale et rapide. La combustion s’accompagne de centaines de réactions chimiques simultanées qui transforment en quelques secondes les déchets en résidus solides et gazeux. Un avantage majeur est qu’elle réduit le volume des déchets ultimes à traiter. Ainsi, les résidus solides (mâchefers et cendres) ne comptent que pour 25 à 30% du poids initial des déchets incinérés. Le volume occupé par ces résidus ne compte, quant à lui, que pour 10% environ du volume initial des déchets. L’incinération peut également permettre de récupérer d’importantes quantités d’énergie. Cependant, cette technique présente certains risques et inconvénients. En effet, les résidus gazeux et solides contiennent certains produits dangereux qui doivent être neutralisés ou récupérés. Les normes sont à ce sujet, de plus en plus strictes.

Du déchet ménager à la mâchefer

Les déchets sont déposés dans une grande cuve de stockage. Des lixiviats se forment alors et se gorgent en produits polluants qui se trouvent dans la masse des déchets. Les déchets sont ensuite ramassés par des pelles mécaniques et sont déversés dans la chaîne d’alimentation du four. Les déchets sont alors brûlés dans des fours entre 850 et 1200°C.

A la sortie du four, une partie de ce qui a brûlé se retrouve sous forme de cendres. On retrouve également des résidus grossiers non brûlés. Il peut s’agir de métaux, verre ou même certains plastiques. Ces résidus grossiers sont apelés « mâchefers ». Une fois ces déchets évacués du four, un aimant sert à récupérer les grosses ferrailles. La mâchefer est alors analysée. Si elle contient des traces de métaux lourds, elle est envoyée dans des décharges de catégorie 1, sinon elle peut servir à fabriquer du goudron.

 Les déchets comme combustible

incinération déchets

Un opérateur s’occupe des déchets déversés quotidiennement par les camions. © Ridouan El Kadiri

Cet incinérateur, d’un genre nouveau, permet de créer un nouveau combustible qui possède un pouvoir calorifique accru. Ce combustible est un simple déchet épuré, entreposable, ce qui permet une grande flexibilité d’utilisation. Le combustible est alors utilisé pour chauffer de l’eau et produire de l’électricité ou distribuer de la chaleur. Cette forme de pré-traitement nous éloigne alors de l’incinération traditionnelle, dont le rendement énergétique peut être faible et les pollutions plus importantes.

Les normes établies sont les suivantes depuis fin 2005

Pour les émissions de dioxines et de furannes : 0,10 ng/m³ TE (Toxicity Equivalents);

  • Pour les émissions de particules résultant de l’incinération de déchets d’origine médicale et de déchets dangereux : 0,05 mg/m³ (pour les mercures résultants de l’incinération de déchets dangereux) et 0,08 mg/m³ pour les émissions de mercure résultant de l’incinération des déchets municipaux.
  • Pour la teneur totale en poussières : 150 mg/m³ exprimée en moyenne sur une demi-heure.
  • Pour les oxydes d’azote (NOx) : 200 mg/m3 soit une réduction d’environ 40% par rapport à la réglementation précédente.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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