La loutre d’europe est en déclin sur l’ensemble de son aire de répartition, et figure sur la Liste rouge de l’UICN avec le statut « quasi menacé ». Elle est inscrite en annexe 1 de la CITES.

loutre d'europe

Loutre d’Europe © Fabrice CAPBER

La loutre d’Europe, Lutra lutra, a toujours été chassée pour sa fourrure et persécutée par les pêcheurs. La pollution des rivières, l’assèchement des zones humides, la canalisation des cours d’eau et le recul des milieux naturels sont gravement préjudiciables à la survie de l’espèce.  Les principales autres menaces sont aujourd’hui les nasses à crustacés, les filets dérivants, les pièges destinés aux rats musqués et le braconnage. Beaucoup de loutres sont aussi tuées sur les routes.

Où observer une loutre d’Europe ?

L’espèce est présente dans une grande partie de l’Europe, du nord de l’Asie (jusqu’au nord de l’Himalaya), et une petite partie du Moyen-Orient. Elle ne semble pas monter au-dessus de 1 000 m dans les Alpes, mais dépasse les 3 000 m dans l’Himalaya. En Afrique, on la retrouve au Maroc, dans le nord de l’Algérie et en Tunisie. Son habitat est constitué des lacs de plaines et de montagnes, des rivières, des ruisseaux, des marais, des forêts marécageuses et des zones côtières.

Excellente nageuse, la loutre d’Europe plonge et peut rester quatre minutes totalement immergée. Elle creuse dans la berge un vaste terrier, ou catiche, qui s’ouvre sous la surface de l’eau. Souvent, elle creuse en plus des terriers secondaires de moins grandes dimensions. Elle s’oriente dans les eaux troubles et les terriers.

Comment vit une loutre d’Europe ?

Les adultes ont besoin d’environ 700 g de nourriture par jour. Ils mangent surtout du poisson mais aussi des crustacés, des grenouilles, des rongeurs, des oiseaux et des insectes. Solitaire et essentiellement nocturne, la loutre d’Europe chasse au crépuscule ou la nuit, consomme ses proies sur la rive ou sur une pierre émergée. Une femelle pèse en moyenne 7 kg et un mâle 10 kg. La gestation dure 2 mois, mais peut atteindre 9 à 10 mois dans les régions où un hiver rude impose une période de latence dans le développement embryonnaire. La femelle met au monde deux à quatre petits qui ouvrent les yeux à un mois, deviennent indépendants à un an et atteignent leur maturité sexuelle à l’âge de deux à trois ans. La longévité peut atteindre 17 ans en captivité.

Auteur : Michel Louis, pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)

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