Annoncé cet hiver et gonflé fin mars, le nouveau ballon de Paris prendra son envol dès ce week-end pour le grand public. Pour l’occasion, il change de nom et devient l’Observatoire Atmosphérique Generali, du nom de la société qui supporte financièrement le projet.

observatoire atmosphérique generali

L’Observatoire atmosphérique Generali juste avant l’allumage des LED. © Matthieu Combe

Fin mars, il a fallu 4 heures pour envoyer environ 6 000 m3 d’hélium dans la nouvelle enveloppe. Gonflé à bloc, l’inauguration officielle du ballon a eu lieu hier.

Le ballon de Paris est devenu un excellent outil de sensibilisation à la question de la qualité de l’air. Grâce à un système de couleurs (vert foncé, vert clair, orange clair, orange foncé et rouge),  il informe et sensibilise les citoyens. En pratique, depuis 2008, il traduit sous forme de couleurs deux indices de pollution (la qualité de l’air ambiant et la qualité de l’air à proximité du trafic) calculés toutes les heures par Airparif grâce à 12 stations réparties dans Paris.

Des LED alimentées par du photovoltaïque

L’observatoire atmosphérique Generali allume ses 6 400 LED pour illuminer deux séries de pictogrammes : des véhicules d’une part, et les principaux monuments de Paris d’autre part. Les véhicules traduisent le niveau de pollution à hauteur du trafic et les monuments la pollution de l’air ambiant. Par exemple, lorsque la silhouette de Notre-Dame passe de l’orange foncé au rouge, cela signifie que la qualité de l’air ambiant est passée d’élevé à très élevé. Si le rouge n’a été allumé que deux jours en 2012, le vert clair n’a jamais montré le bout de son nez !

Pour l’occasion, le groupe Serge Ferrari a appliqué sa membrane photovoltaïque auto-adhésive Texysolar sur le haut du ballon. Flexible et simplement collée, cette membrane permet de produire de l’électricité qui est directement utilisée pour alimenter une partie des LED du ballon.

Sensibiliser aux particules ultrafines

Le LOAC (Light Optical Aerosol Counter) est un capteur innovant embarqué dans le ballon qui permettra d’étudier les particules ultrafines solides de l’air. Ce capteur est le premier capable, à la fois de compter en continu les particules en suspension dans l’air dont le diamètre est compris entre 0,2 et 10 micromètres, et de fournir des informations sur leur taille et leur nature. Le niveau de pollution des particules PM10 (diamètre inférieur à 10 micromètres), PM2,5 et PM1 est indiqué sur le nouvel écran du pavillon au sol, au plus près des habitants et des touristes.

La Préfecture de Paris autorisera désormais des vols jusqu’à 300 m, au lieu des 150 m habituels, l’occasion de rivaliser avec les 324 m de la Tour Eiffel ! Les vols permettront ainsi d’effectuer des études sur la qualité de l’air à des hauteurs très différentes et de pousser plus loin les analyses. « On va pouvoir se rendre compte de la répartition de ces polluants [particules fines] dans l’atmosphère et mieux comprendre comment ils évoluent, se dispersent à différentes altitudes », prévoit Matthieu Gobbi, co-fondateur de la société Aérophile qui a développé le ballon.

En partenariat avec l’Association Santé Environnement France, le projet prévoit de sensibiliser les citoyens aux gestes à adopter en fonction de la pollution. Une fois les données obtenues, elles seront corrélées à des mesures et comportements appropriés, via un site web et une application mobile. Le site sera en ligne dès la semaine prochaine surwww.lepoulsdelaplanete.com.

En 2011, 3 à 4 millions de franciliens étaient exposés à un air qui ne respectait pas les normes françaises et européennes. Les polluants les plus problématiques étaient le dioxyde d’azote, les particules et l’ozone. Pour les particules fines PM2,5, ce sont ainsi l’ensemble des franciliens qui sont soumis à des niveaux au-delà des recommandations de l’OMS.

Installé dans le Parc André Citroën à Paris depuis 1999, le Ballon de Paris est visible à 20 km à la ronde et offre une vue à 360°. Il embarque chaque année 60 000 visiteurs. Il vole tous les jours quand la météo le permet, et peut transporter jusqu’à 30 passagers à la fois. Le tarif est de 12 € pour les adultes, 6 € pour les 3-11 ans et la gratuité prévaut pour les moins de 3 ans. À savoir que le voyage est aussi gratuit pour les Parisiens de moins de 12 ans !

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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