Selon le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), le total autorisé des captures (TAC) fixé à 400 000 phoques du Groenland par le ministère Pêches et des Océans Canadien (MPO) pour la saison de chasse 2012 reflète non seulement son obstination à poursuivre la chasse malgré l’absence de marché pour les produits dérivés du phoque, mais également sa réticence à préserver les ressources sous-marines et à se soumettre aux obligations internationales en matière de gestion des ressources halieutiques.

chasse phoque saint laurent

Chasse au phoque. PHOTO//DR IFAWA

« En fixant le TAC à 400 000 phoques du Groenland, le Ministre canadien des Pêches et des Océans rejette l’avis scientifique de son propre département de recherche et réduit à néant tout espoir de gestion raisonnable », déclare Sheryl Fink, Directrice du programme phoques d’IFAW. « Les chasseurs savent bien que la faible demande ne justifie pas la mort d’un tel nombre de phoques. Ce quota constitue un véritable affront pour les scientifiques du gouvernement canadien et une insulte aux chasseurs ».

Conformément au plan de gestion du MPO, les TAC doivent refléter les dernières connaissances disponibles concernant l’état des populations, les changements environnementaux et les variations des taux de mortalité dans l’Arctique, au Canada et au Groenland.

Selon une récente étude des scientifiques du ministère, la population de phoques du Groenland diminue, la reproduction de la colonie est en net déclin, l’état des glaces estde plus en plus mauvais et la chasse non règlementée du Groenland aura dans l’avenir un impact majeur sur cette population. D’après le dernier rapport sur les phoques du Groenland, publié par les scientifiques du MPO, « pour respecter le plan de gestion, le nombre de captures devrait s’élever au maximum à 300 000 animaux ».

« Étant donné l’inquiétude exprimée par les scientifiques pour la conservation et la réalité actuelle du marché, il est difficile de comprendre comment le Ministre pourrait légitimer un taux de captures aussi élevé », ajoute Sheryl Fink. « Le Canada essuie actuellement de fortes critiques pour le non respect de ses engagements internationaux relatifs à la gestion des pêches. Et il est désormais évident que, même lorsque des plans de gestion sont mis en place, ceux-ci ne sont tout simplement pas respectés ».

Les principaux marchés de produits dérivés du phoque sont aujourd’hui fermés et IFAW considère quece n’est qu’une question de temps avant que la chasse aux phoques commerciale ne prenne fin. La valeur économique de la chasse aux phoques dans l’Atlantique a fortement chuté au cours des cinq dernières années ; seuls 225 chasseurs ont pris part à la saison de chasse 2011, pour une valeur au débarquement d’un peu plus d’un million de dollars canadiens. Plus récemment, la Russie, la Biélorussie, et le Kazakhstan ont rejoint l’Union européenne, les Etats-Unis et le Mexique en mettant des restrictionsau commerce des produits dérivés de phoques.

« La chasse aux phoques commerciale est à l’agonie. La question est désormais de savoir si le gouvernement du Canada fera ce qu’il faut pour aider les chasseurs à se reconvertir, ou s’il continuera à alimenter de faux espoirs en établissant des quotas trop élevés et en prétendant que cette industrie a de l’avenir, alors que ce n’est clairement pas le cas ».

IFAW appelle le gouvernement fédéral à mettre fin à la chasse aux phoques commerciale et à chercher de nouvelles pistes pour les chasseursde phoques et leurs communautés, plutôt que de continuer à gaspiller l’argent du contribuable en assistant une industrie mourante et non viable sur le plan économique.

Auteur : Fonds international pour la protection des animaux


La rédaction vous conseille aussi :