C’est la journée mondiale des océans ce 8 juin! À cette occasion, des experts de la cause animale en collaboration avec PETA rappellent pour Natura-sciences que nos choix alimentaires quotidiens influencent la santé de ces écosystèmes marins. Ils sont pourtant d’une importance primordiale pour notre planète!

poissons océans

Poissons en vente sur le Vieux-Port de Marseille. PHOTO//Wikimedia

La nécessité croissante d’agir urgemment pour défendre nos océans s’impose. Malgré la Conférence sur les océans des Nations Unies qui se déroule cette semaine à New York, ceux-ci continuent d’être pollués et exploités. Les premières victimes sont les poissons et les autres animaux marins qui sont massacrés pour se retrouver, à leur insu, dans nos assiettes. Mais leur sort reste trop souvent ignoré. Et trop de personnes qui se soucient pourtant de la planète et de nos océans continuent de les consommer. Ils participent ainsi à leurs souffrances et à la dégradation des écosystèmes marins.

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Respecter le bien-être des poissons!

On sait aujourd’hui que les poissons sont des êtres « sentients ». Comme nous, ils éprouvent des sensations et des émotions, agréables ou désagréables. Ils peuvent ressentir la souffrance et la terreur et cherchent désespérément à les éviter. Or, les différents types de pêche et d’élevages piscicoles sont parmi les pires horreurs que l’on peut faire subir à un être sensible.

Les avancées de la science nous ouvrent les portes de ce monde aquatique. Derrière elles, se cachent encore plus de mystères que de réponses. Nous découvrons petit à petit que les poissons développent des sociétés complexes, des traditions et tissent des liens de confiance. Certains utilisent même des outils dont ils apprennent parfois l’utilisation en s’inspirant des découvertes de leurs congénères. Contrairement à la croyance populaire, de nombreuses recherches ont démontré leur excellente mémoire. Parfois même bien supérieure à la nôtre, comme c’est le cas chez le saumon. Ils possèdent des personnalités distinctes et se reconnaissent individuellement. Par ailleurs, ils font preuve de très bonnes capacités d’apprentissage et d’une conscience aigüe de leur environnement. Des travaux d’anatomie comparée ont également révélé la présence de parties analogues, dans le cerveau des poissons, aux centres de la mémoire et des émotions du cerveau humain.

Après des années de vif débat dans la communauté scientifique quant à la capacité des poissons à ressentir subjectivement la douleur, par opposition à une réaction réflexe, les études tombent avec régularité depuis une dizaine d’années. Elles effacent progressivement ce doute.Aujourd’hui, chez les spécialistes de la question, un consensus clair semble se dessiner. Oui, les poissons ressentent bien la douleur!

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Une artillerie à disposition de la pêche!

La manière dont sont pêchés les poissons devrait nous faire frémir d’horreur. Dans les mers, pris dans de gigantesques nasses, par dizaines de milliers, ils sont amassés les uns contre les autres souvent pendant des heures. Leurs flancs sont à vif à cause du frottement, ils suffoquent sous la masse. Remontés des grandes profondeurs, la décompression déclenche une augmentation brutale du volume de leur vessie natatoire. Cela provoque l’expulsion des organes du poisson par tous les orifices, exorbitant les yeux au passage. Pour ceux qui arrivent encore en vie sur le pont, il n’est pas rare qu’ils agonisent pendant des heures à l’air libre ou sur la glace. Ils sont même souvent éviscérés vivants.

Pêchés à la palangre – une ligne de centaines de mètres munie d’hameçons et d’appâts parfois vivants -, ils sont déchirés par l’hameçon. Ils peuvent être ainsi traînés pendant des heures par le bateau de pêche. D’après l’organisation anglaise Fishcount, qui s’est livrée à de savants calculs pour compter les poissons , non plus en tonnes comme le fait l’industrie halieutique, mais en nombre d’individus, ils sont entre 1.000 et 3.000 milliards à souffrir ainsi le martyre chaque année dans le monde. Les plus nombreux, les plus petits, servent à nourrir des poissons, des crevettes ou d’autres animaux d’élevages. Ainsi, ils sont eux aussi promis à la mort.

Les exploitations piscicoles enferment chaque année entre 40 et 130 milliards d’entre eux dans des conditions infernales de surpopulation, de saleté, de maladie, de parasitisme. Les taux de mortalité sont effarants. On sait aujourd’hui que dans certains élevages de saumons, près de 25% d’entre eux se laissent mourir. Ils présentent tous les symptômes physiologiques et comportementaux associés à la dépression, symptômes assez similaires à ceux que l’on retrouve chez les humains. On notera que les poissons ne bénéficient quasiment d’aucune protection juridique.

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Éveiller les consciences humaines pour protéger les poissons

Une campagne internationale, intitulée « Qui sont les poissons ? » a été lancée cette année. Elle vise à mettre en avant la question des pêches et des élevages aquacoles. Elle concerne aussi les crustacés et les céphalopodes, à savoir les pieuvres, les calmars, etc. Le 25 mars dernier, la première Journée mondiale pour la Fin de la Pêche a réuni une quarantaine d’organisations dans le monde. Elle a donné lieu à des événements de protestation dans une quinzaine de pays sur plusieurs continents.

Espérons que ces initiatives sont des signes avant-coureurs d’un changement profond de notre considération pour les poissons. Cette réflexion devrait faire partie inhérente de notre souci de protéger les océans. Alors pour préserver nos écosystèmes marins, choisissons dès aujourd’hui d’arrêter de manger des poissons. À la place, pourquoi ne pas essayer des repas sans aucune protéine animale pour protéger les océans, la planète et les animaux, terrestres et marins? Des astuces et informations pour faire la transition vers une alimentation végane sont disponibles dans le Guide du végan en herbe gratuit de PETA.

Auteurs : Yves Bonnardel, Catherine Hélayel et Sébastien Moro, tribune en collaboration avec PETA

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