Les cours d’eau sont stratégiques pour le « verdissement » du secteur de l’énergie, constituent des axes de communication intéressants pour le transport, sont utiles à l’agriculture et à l’industrie et accueillent sur leurs rives des grandes villes. Mais parallèlement au développement de ces activités, ces écosystèmes sont mis à mal.

pollution des eaux

Le transport fluvial et les l’artificialisation des berges ont un impact sur la qualité des eaux. © Jacqueline Joly

La plupart de l’eau douce est polluée en France et dans le reste du monde. Les cours d’eau sont modifiés, tronqués, barrés, déviés, rectifiés. Ces modifications physiques sont justifiées par des besoins d’aménagement, d’infrastructures et de sécurité des populations humaines. Mais les impacts sur les écosystèmes peuvent être lourds.

Une pollution des eaux généralisée

Le constat est sans appel : plus de la moitié des étendues d’eau en Europe sont affectées par des pollutions et des modifications physiques, selon le rapport« Eaux européennes –évaluation du statut et des pressions » de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) publié en novembre 2012.  C’est également un tiers des lacs et des eaux de transition et 40 % des fleuves et des eaux côtières qui sont pollués par les fertilisants, ce qui mène à l’eutrophisation.

Ce rapport pointe également du doigt les modifications physiques des eaux douces de surface européennes. Celles-ci altèrent les habitats et les écosystèmes de 40 % des rivières et eaux de transition et de 30 % des lacs. Selon l’AEE, il s’agira de procéder à une « renaturation » des étendues d’eau de manière à rétablir leurs caractéristiques naturelles. Toutefois, seulement 52 % des cours d’eau pourront prétendre à un statut écologique dit « bon » en 2015, et donc atteindre l’objectif fixé par la Directive Cadre sur l’Eau de l’Union Européenne.  Jacqueline McGlade, Directrice Exécutive de l’AEE, déplore que « les Etats Membres de l’Union Européenne semblent bien partis pour manquer –et de beaucoup- les objectifs à venir, c’est pourquoi ils doivent accélérer les efforts pour protéger la santé humaine et les écosystèmes dont nous dépendons. »

Le débit d’eau, la largeur, la profondeur, la pente et les méandres d’un cours d’eau influent sur son biotope. C’est dans ces conditions que la vie a pu s’y développer et prospérer. Avec ses  522 barrages de plus de 15 mètres de haut, la France est bien dotée pour sa production électrique, au détriment des écosystèmes fluviaux. En tout, 60 000 seuils et barrages sont recensés sur les cours d’eau métropolitains selon le Ministère de l’Environnement, soit un tous les 5 kilomètres. Il s’agit de vieilles écluses, moulins, retenues pour l’irrigation agricole et de dérivations. L’essentiel de ces ouvrages est abandonné, mais leurs les impacts cumulés perdurent.

Le transport joue également un rôle dans cette pollution. Malgré tout, le transport par péniche pollue moins que le transport terrestre : 200cv suffisent à transporter 250 tonnes quand 450 cv sont nécessaires pour porter 25 tonnes sur un camion.  Et le bateau n’encombre pas les routes. Sur les grands axes (Rhône, Seine), les écluses sont éclairées constamment pour des raisons de sécurité. Elles contribuent à la pollution lumineuse.  Un éclairage adaptable, selon les passages et les conditions météorologiques permettrait de l’éviter.

Auteur : Christofer Jauneau, contribution bénévole


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  • redcloud

    Si dèjà l’on appliquait la loi sur le non désherbage des fossés et sur les bandes enherbées, haies etc..Quand vous traversez la France rurale c’est hallucinant le nombre de particuliers qui mettent des herbicides glyphosates et débroussaillants sur leur fossés alors qu’ils habitent dèjà dans des no-man’s land écologique comme en Beauce. A l’heure actuelle ils ne sont pas punis et l’onema, organisme contrôleur n’à que qelques agents, quant à l’office de la chasse elle brille par sa complaisance et son incompétence! Bref la loi devrait être respectée mais ce n’est pas le cas partout!
    De plus souvent cette pollution chimique s’accompagne de comportements criminels comme l’incinération de plastiques qui émet de la dioxine puissant polluant difficilement nettoyable.