Nos consommations de lait et jus de fruits génèrent une production annuelle de plus de 5 milliards d’emballages. Une étude datant de 2008 a analysé le cycle de vie des principaux emballages alimentaires. Elle a notamment comparé le cycle de vie de la brique en carton, de la bouteille en plastique et de la bouteille en verre. [1]

Verre, plastique ou carton, quel emballage privilégier ? © Natura Sciences

Verre, plastique ou carton, quel emballage privilégier ? © Natura Sciences

Les résultats de l’étude menée par le cabinet Bio Intelligence Service pour le compte de Tetra Pak hissent la brique du fabricant en tant qu’emballage « le plus vert ». [2] La brique, composée à 73% de carton, 23% de polyéthylène et 4% d’aluminium a de loin l’empreinte écologique la plus faible. Tant en termes d’émissions de CO2, que de consommation des ressources naturelles et d’énergies non renouvelables. La bouteille plastique nécessite près du double d’énergie et de ressources non renouvelables par rapport à un emballage carton Tetra Pak.

Combien de CO2 émet ma bouteille ?

Sur l’ensemble de sa « vie », une bouteille de jus en carton d’un litre émet 87 grammes de CO2. Une bouteille en plastique en émet 129 et une bouteille en verre 345. Fait intéressant : une bouteille de 25 centilitres (cL) en plastique émet 97 grammes de CO2 et une brique en carton seulement 26 grammes. Ainsi, une bouteille en plastique d’un litre contient quatre fois plus de produits, mais n’émet que 50% de CO2 en plus. Si vous doutiez encore de l’intérêt d’acheter les produits par grand contenant, ces résultats devraient dissiper vos doutes.

Aujourd’hui, moins d’une brique sur trois et une bouteille en plastique sur deux sont recyclées. Pour améliorer ces taux, il convient de se rappeler qu’elles sont recyclables et de les placer dans les poubelles de tri. Pas besoin de rincer la brique à l’eau, les briques seront détrempées dans de grandes cuves d’eau. Le recyclage de la brique permet de récupérer le carton d’un côté, le mélange polyéthylène et aluminium de l’autre. On obtient ainsi de la pulpe de carton transformée en papier toilette, essuie-tout. Les fragments de polyéthylène et d’aluminium permettent de fabriquer, entre autres,  des poteaux de clôture, des piquets de vigne et des bancs publics.

Plus que le recyclage… considérer tout le cycle de vie !

Le taux de recyclage de la bouteille en plastique de 25 cL est meilleur que celui de la brique de Tetra Pak de contenance équivalente. Mais cela suffit pas à compenser ses importantes émissions de CO2 générées, notamment lors de sa fabrication. Il est surprenant que le verre se sorte si mal de cette étude. Bien que recyclable à 100 % et presque à l’infini, le verre requiert d’importantes quantités d’énergie lors de son recyclage, de sa production et de son transport. L’analyse du cycle de vie montre bien qu’ « emballage fortement recyclé » n’est pas toujours synonyme de « plus faible empreinte écologique ».

La Fédération européenne du verre d’emballage (FEVE) indique que la quantité de verre ménager recyclé en Europe a atteint 67 % en 2009. S’agissant de la France, le taux est de 63%. Cela place notre pays au quatorzième rang des pays de l’Union Européenne. La Belgique est en tête du peloton avec un taux de recyclage de 96 %. Sans ce recyclage, les résultats pour l’Analyse du Cycle de Vie seraient encore plus décevants !

Comment se fait-il que la brique s’en sorte aussi bien ? Son premier avantage réside dans l’utilisation de bois certifié FSC issu de forêts gérées durablement et constamment replantées. En France, 78 % des emballages sont certifiés FSC en 2011. Tetra Pak France s’est fixé un objectif de 90 % de certification pour fin 2012 en France. Au niveau international, les objectifs de Tetra Pak sont d’atteindre 100% des emballages certifiés FSC en 2020. La conception même de la brique lui permet de peser dix fois moins qu’une bouteille en verre.

Le verre n’a pas dit son dernier mot

Le verre présente cependant des avantages dans d’autres domaines, notamment sur le plan gustatif. Ce contenant préserve la fraîcheur du produit tout en étant un emballage sans danger, sauf en cas de casse. Il est entièrement composé d’éléments naturels et ne répand donc aucun produit chimique dans l’environnement. C’est également le seul emballage réutilisable à l’infini et qui ne s’altère pas quand vous changez le produit qu’il contient. Une campagne mondiale en faveur du verre était lancée en 2011.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

Notes et références

[1] L’Analyse de Cycle de Vie est une méthode normalisée. Elle évalue les impacts environnementaux d’un produit à chaque étape de sa vie. De l’extraction des matières premières à sa fin de vie!

[2] Etude réalisée par ACV Bio Intelligence Service, pour le compte de Tetra Pak. La vérité sur l’impact environnemental des emballages. avril 2008. 20 p.


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