Recycler son papier, ses emballages, ses DEEE, son verre, ses ampoules c’est bien ! Mais ne faudrait-il pas non plus penser à mieux recycler ses cartouches d’imprimantes ? Faisons un tour de la question avec Cart’Touch, regroupement de 15 marques d’imprimantes pour une meilleure gestion des cartouches usagées.

Les cartouches

Une cartouche d’imprimante est composée d’éléments toxiques polluants : il existe différentes options pour la recycler ou la valoriser

Les résidus d’encre contenus dans les cartouches d’imprimantes peuvent être une source de contamination en différents polluants : il faut donc penser à bien la recycler ! Mais à vrai dire, ce geste est-il entré dans les mœurs des Français ?

Selon les chiffres provisoires de Cart’Touch, 69 millions de cartouches et toners ont été mis sur le marché en France en 2012 par les membres signataires de l’accord volontaire. Sur ce total, seulement 22 % (15 millions) ont été collectées. Ces collectes représentent toutefois 43 % des tonnages mis sur le marché, soit 6 400 tonnes récupérées. On peut mieux faire !

Comment sont collectées les cartouches d’imprimantes ?

En 2012, selon les chiffres provisoires de Cart’Touch, les fabricants ont collecté 70 % des cartouches d’imprimantes grâce aux flux provenant des collectes en entreprise et 27 % grâce aux différents schémas postaux proposés. Les apports volontaires, les collectes en déchèterie et les autres catégories ne représentent que 3 % des flux de collecte. La majeure partie de la collecte se fait donc auprès des  entreprises.

Si l’on regarde sur l’ensemble de la filière, en ajoutant les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les collecteurs et les remanufactureurs, les entreprises signataires de la Charte ont récupéré 50 % des cartouches d’imprimantes via les collectes en entreprises, 26 % via les apports volontaires et 10 % via les schémas postaux.

Que deviennent les cartouches d’imprimantes collectées ?

40 % des cartouches d’imprimantes collectées sont réutilisées. Pour le reste, la matière de 41 % des cartouches est valorisée et 17 % des cartouches ne subissent qu’une valorisation énergétique. Les parties plastiques des cartouches contribuent, par exemple, à la fabrication de nouvelles cartouches ou à celle de stylos, de tuiles, de boitiers  CD ou de bancs publics. Les autres cartouches d’imprimantes sont incinérées ou enterrées avec les déchets ménagers.

Le devenir des cartouches dépend notamment de la complexité technologique du consommable. « Suivant les choix technologiques des fabricants, vous ne pourrez pas réutiliser toutes les cartouches », explique Sylvie Boisante, porte-parole de Cart’Touch. Cela dépendra notamment du plastique utilisé, de l’électronique intégrée, de la pérennité de la technologie utilisée et des choix de conception.

Le devenir des cartouches dépend également des sites de valorisation. Pour beaucoup d’entre eux, les coûts associés aux traitements sont prohibitifs pour les faibles volumes. « En dessous de 2 000 tonnes, beaucoup de sites ne vous proposent pas grand-chose », précise Sylvie Boisante. C’est d’ailleurs là l’un des objectifs de Cart’Touch : regrouper les fabricants pour augmenter les volumes.

Notons que lorsque les fabricants disposent de leurs propres usines de recyclage, ceux-ci peuvent réutiliser les composants plus facilement. Lors de vos achats, le fabricant peut avoir glissé une enveloppe préaffranchie pour que vous lui renvoyiez la cartouche usagée. Ce système est alors à privilégier pour une meilleure valorisation !

Des « pilotes » pour améliorer le taux de recyclage

L’accord volontaire signé pour la période 2012-2015 stipule le besoin d’identifier de nouveaux modes de collectes afin d’améliorer le taux de valorisation. Pour ce faire, deux projets pilotes ont été mis en place. Le premier concerne un projet d’apport volontaire dans les points de relais Kiala en Languedoc-Rousillon pour les ménages, TPE et PME depuis octobre 2012.

Le deuxième pilote se fait en partenariat avec La Poste depuis la mi-janvier et se déroule jusqu’à fin juin, dans 113 Espaces clients entreprises. Le test se déroule dans 4  départements : l’Essonne, les Yvelines, l’Eure-et-Loir et le Val-de-Marne.

D’ici la fin de l’année 2013, les retours d’expériences permettront d’étendre ou non ces pilotes à l’ensemble du territoire, les modifier ou en créer de nouveaux. Le rendez-vous est pris : en attendant, recyclons nos cartouches !

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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