Les professionnels sont inquiets : ils ne sont pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Le taux de collecte des DEEE stagne à près de 7 kg/habitant, ce qui représente 37,5 millions d’appareils collectés, environ 30 % des tonnages mis sur le marché. Et pourtant, le cahier des charges d’Eco-systèmes demandait une collecte de 9 kg en 2013 et 10 kg en 2014 !

deee recyclage

Le réseau de réemploi doit être soutenu, car ce secteur présente d’importantes potentialités de développement d’activité.

Les objectifs grossissent : la nouvelle directive européenne DEE 2 impose à la France d’atteindre une collecte de 17 kg par an et par habitant en 2019. Cela représente 85 % de la quantité des DEEE générés sur le territoire, soit 65 % du poids moyen d’appareils, mis sur le marché. Cette directive européenne est en cours de transposition en droit français : un décret devra être publié au plus tard le 14 février 2014.

Les performances de recyclage des DEEE varient considérablement suivant les régions et les milieux. En villes, seulement 2,4 kg par an et par habitant sont collectés en moyenne, contre 7,7 kg en milieu rural ! Le Lot se distingue avec un taux de recyclage atteignant près de 12 kg de DEEE par an et par habitant !

Beaucoup d’acteurs se manifestent pour diminuer les centres de traitements illégaux et accompagner les collectivités locales dans leur lutte contre le pillage des déchèteries et des points de collecte. 250 sites soupçonnés de faire du recyclage de véhicules sans être connus de l’administration ont récemment été contrôlés : la moitié était en infraction. L’objectif pour 2014 est aussi de contrôler les sites de transit de DEEE soupçonnés d’être dans l’illégalité.

Développer de nouveaux modes de collecte des DEEE

En 2012, 58 % des volumes ont été collectés par l’intermédiaire des collectivités. 11 500 points de collecte sont répartis sur tout le territoire et 900 collectivités locales sont sous contrat, déployant un dispositif pour 37,6 millions de Français.

Dans le cadre d’un appel à projets lancé début 2012, Eco-systèmes a mobilisé près de 30 collectivités locales partenaires – représentant 6,5 millions d’habitants –pour participer à de nouvelles expérimentations en faveur des collectes de proximité. Des dispositifs innovants ont été testés : déchèteries mobiles, collectes ponctuelles en centres-villes, locaux dédiés à la collecte dans les résidences d’habitat collectif, outil d’aide à la décision en ligne… Bref, des outils pour simplifier le geste d’apport pour le consommateur !

Un point particulier est accordé au fait de développer des collectes qui n’abîment pas les produits. Dans cette perspective, le gisement des réseaux de distributeurs et des collectes organisées par les associations est de meilleure qualité que celui des déchèteries.

Favoriser le réemploi

Le réseau du réemploi doit être soutenu, car ce secteur présente d’importantes potentialités de développement d’activité. Les DEEE représentent 3 500 emplois dont 1 450 dans l’économie sociale et solidaire. « Donner à Emmaüs ou à Envie ou à une autre association de l’économie sociale et solidaire, ça a un sens et ce n’est pas pareil que d’apporter son produit à la déchèterie », rappelle Valérie Fayard, Déléguée générale adjointe d’Emmaüs France. Cela sert à une chaîne solidaire du don qui redonne de l’emploi et donne une meilleure transparence et de la visibilité sur le devenir des équipements. 478 000 appareils sont réemployés par Emmaüs et Envie, soit 1,3% des appareils collectés.

Pour améliorer le taux de collecte, Emmaüs préconise la pédagogie, l’information, notamment sur le réemploi. Emmaüs expérimente le renforcement des partenariats avec les collectivités locales, les collectes éphémères ; bref, tout ce qui peut multiplier les modalités de la collecte et favoriser la rencontre humaine avec le citoyen donateur. Il convient, selon Valérie Fayard de communiquer davantage sur les moments importants comme par exemple, les déménagements, le ménage de printemps et les travaux. Pour cela, il convient de développer l’information chez les déménageurs, chez les agences immobilières, les magasins de bricolage, etc. Il faut généraliser des gestes de tri simples, en réponse aux questions « Qu’est-ce que je fais de mon sac de ciment, de ma TV, … ? ».

L’association Envie assure la formation d’employés en réinsertion sur différents points de vente répartis sur le territoire. Elle répare les équipements en panne et les revend à des prix très attractifs. Les produits sont garantis 1 ou 2 ans. Au bout de 27 ans d’activité, Richard Debauve, Président de la Fédération Envie, s’interroge sur le changement d’échelle. « Si on ne change pas d’échelle, je doute qu’on arrive aux 14 kg, 18 kg, 20 kg, etc. » affirme-t-il. « On observe un appauvrissement en qualité et une difficulté à réparer  […] et une baisse des volumes », regrette-t-il.

Vous avez besoin de réparer, louer, donner, échanger ou acheter un objet d’occasion ? L’annuaire de la seconde vie des produits des Amis de la Terre vous propose des adresses près de chez vous. De même, le site d’Eco-systèmes vous propose un outil d’aide à la décision en fonction de l’état de votre appareil. Il vous propose alors l’adresse la plus proche de chez vous pour le réparer ou le recycler !

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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