Au 100e Congrès des Maires et des présidents d’intercommunalité, le Projet Métal a été prolongé de 2018 à 2022. Il permettra à 30 millions de Français de trier et recycler les petits emballages métalliques d’ici 2022.

projet metal recyclage

Grâce au Projet Métal, il sera bientôt possible de recycler tous les petits emballages métalliques. PHOTO//Pixabay

La plupart des centres de tri envoient encore au refus les petits emballages en aluminium ou en acier. Qu’il s’agisse d’opercules et couvercles, des dosettes de café et thé et des capsules de bouteilles. Ou encore des sachets et poches de compote, des petites canettes et des papiers en aluminium. Ces petits emballages non collectés représentent tout de même 60.000 tonnes d’aluminium! Soit 60 % du gisement d’emballages en aluminium mis sur le marché en France. Un gisement qui part donc en enfouissement ou en incinération.

Pour mettre en place une filière de recyclage pour ces petits emballages légers en aluminium et en acier, le projet Métal a vu le jour en 2014. Il est né du rapprochement de Citeo (ex Eco-Emballages), de l’Association des Maires de France (AMF), du Club du recyclage de l’emballage léger en aluminium et en acier (CELAA) et du Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums créé par Nespresso. Fin 2017, déjà 9 millions de français bénéficient d’une extension de consignes de tri pour ces emballages. Pour cette population couverte, la consigne est simple : tous les emballages métalliques vont dans la poubelle de tri.

Un projet Métal pour trier les petits emballages légers en aluminium et en acier

En 2016, le projet a permis de recycler 338 tonnes de petits emballages en aluminium supplémentaires. C’est une augmentation de 65 % par rapport à 2015 pour les neuf centres de tri nouvellement équipés. « En 2022, l’objectif est de multiplier ce volume de collecte par dix », prévient Harold de Jacquelot, Directeur Tri & Valorisation chez Citeo. Ces bons résultats ont convaincu dix centres de tri supplémentaires à rejoindre le projet. Fin 2017, ce sont donc 19 centres de tri qui sont équipés en France sur les 200 que compte le pays. Et le taux de recyclage des emballages en aluminium atteint désormais 43 % au niveau national, contre 32 % en 2009.

Désormais, les membres du projet veulent aller plus loin. Notamment, ils souhaitent profiter de la modernisation des centres de tri liée à l’extension des consignes de tri papiers et plastiques d’ici 2022. Dans la réponse aux appels d’offres, les centres répondant aux critères devront aussi prévoir de s’équiper en vue du tri de ces emballages en aluminium et acier. Et en 2022, 60 centres de tri devraient avoir les équipements nécessaires. « L’investissement est rentable pour tous les centres de tri traitant plus de 20.000 tonnes de déchets par an », assure Jean Hornain, Directeur général chez Citeo. C’est-à-dire des centres collectant les déchets d’environ 400.000 habitants. Pour accélérer les décisions, le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums de Nespresso promet même 300 euros pour chaque tonne d’aluminium sortie des centres grâce au tri de ces petits emballages.

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Comment trier et recycler ces petits emballages mécaniques?

Pour comprendre comment se fait cette extension, il faut connaître le fonctionnement d’un centre de tri. Une fois les camions vidés, les déchets sont envoyés sur un tapis roulant. La première étape est un trommel. Il s’agit d’un cylindre rotatif qui permet d’envoyer directement au refus les petits déchets (généralement moins de 6 cm). Ceux-ci comprennent l’ensemble des petits emballages, qu’ils soient métalliques ou en plastique, les petits bouts de papier et toutes sortes de petits objets. L’idée du projet Métal est de faire un surtri sur cette partie qualifiée de « fines ». Grâce à une machine dite à courant de Foucault, il est possible de récupérer les emballages en aluminium léger. Pour récupérer aussi les emballages en acier, il faudra ajouter un « overband », un imposant aimant.

Les petits emballages en aluminium sont traités par pyrolyse. Si quelques initiatives sont en cours en France, la plupart de ces nouveaux emballages sont envoyés en Allemagne chez la société Pyral. « Les déchets en aluminium y sont envoyés dans des fours à 500°C sans oxygène, résume Jean Hornain. Cela permet d’éliminer les impuretés et il ne reste que l’aluminium non dégradé à la fin ». La société serait prête à s’installer en France lorsque les volumes seront suffisants.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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