Natura Sciences titrait début janvier Les requins ne sont « pas si menaçants, menacés, utiles ». Depuis, quelques attaques sur l’île de la Réunion ont renforcé la peur des habitants. L’arrivée de requins pèlerins inoffensifs en Bretagne continue d’effrayer. Pourquoi ne changerait-on pas notre regard sur les requins ?

requins pèlerinsbretagne

Les requins pèlerins sont inoffensifs et ne mangent que du plancton. © Greg Skomal/SWFSC-NOAA

L’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens (APECS) mène un programme de recensement des requins pèlerins sur l’ensemble des côtes françaises. Depuis le mois d’avril, elle a déjà reçu environ 160 signalements d’un ou plusieurs requins. Parmi eux, une centaine émane du Finistère Sud, plus particulièrement de l’Archipel des Glénan. Une année « exceptionnelle » selon l’association qui n’avait pas reçu un nombre aussi élevé de signalements depuis 6 ans ! À l’opposé, 2012 était la pire année avec un peu moins d’une cinquantaine de signalements sur l’ensemble de l’année.

Cette année les choses sont très différentes. Rien que le 6 juin, dix individus différents ont été observés et 30 signalements ont été transmis par des plaisanciers et des professionnels sur le secteur. La taille du plus gros spécimen recensé a été estimée à 10 mètres. Un tel phénomène ne s’était jamais produit dans les eaux françaises depuis le début des suivis de l’APECS en 1997 !

Face à tous ces appels, l’APECS a même participé au tournage d’un documentaire sur les requins pèlerins en Bretagne. Ce documentaire de 110 minutes, intitulé « Kreiz Ar Mor, la promesse des Iles » sera diffusé dans l’émission Thalassa en fin d’année sur France 3.

Qui sont les requins pèlerins ?

Pouvant atteindre 12 mètres, pour un poids d’environ 5 tonnes, de couleur gris-brun avec de longues fentes branchiales de chaque côté de la tête, le requin pèlerin se nourrit uniquement de plancton. Malgré sa taille impressionnante, il est totalement inoffensif ! Il n’y a donc aucune raison d’en avoir peur. Les requins pèlerins sont protégés et inscrits en Annexe 2 de la CITES (quels sont les requins inscrits sur cette liste ?).  Cette annexe comprend les espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n’était pas étroitement contrôlé. Le commerce des espèces inscrites sur cette liste vise à empêcher sa surexploitation.

Ces observations pourraient-elles être l’occasion de changer notre regard sur les squales et de comprendre leur comportement ? Pourraient-ils ne pas être aussi dangereux qu’on le pensait ? Pourrait-on même imaginer qu’ils soient  « pas si menaçants, menacés, utiles » ?

Si cette nouvelle vous réjouit et que vous souhaitez observer l’animal, armez-vous de patience, car les  rencontres sont souvent le fruit du hasard. Les scientifiques connaissent encore peu cet animal imposant. Ils sont toutefois parvenus à équiper une femelle de 6,5 mètres d’une balise de suivi par satellite. Elle permettra de suivre pendant 8 mois les déplacements de l’animal et d’en apprendre un peu plus sur ses migrations.

Le programme de recensement continue durant l’été ! Dernièrement, il y a eu une observation en Méditerranée, près des côtes hyéroises, mais surtout des observations à proximité de la pointe Finistère et de la Manche. L’association invite l’ensemble des usagers de la mer à signaler toute observation en les appelant au 06 77 59 69 83 ou les contactant sur leur site.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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