Nous vous annoncions le départ de l’expédition Tara Méditerranée en Mai dernier pour étudier la pollution plastique en Mer Méditerranée. Après avoir parcouru 15 000 km, fait 20 escales dans 13 pays, la goélette de Tara est rentrée au port de Lorient le 22 novembre. Après un périple de 7 mois, découvrez ses premiers constats.

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L’expédition Tara Méditerranée a regagné le port de Lorient le 22 novembre après un périple de 7 mois. © Lorient Agglomération

Lors de cette nouvelle expédition de Tara en Méditerranée, 350 d’échantillons ont été prélevés pour évaluer la pollution de la Mer Méditerranée par les micro-plastiques et quantifier la présence du zooplancton. Ces prélèvements ont été réalisés en traînant un filet Manta à la surface de la mer pendant une heure, soit 4,5 km. Ils ont été menés par l’équipage près des côtes, des mégapoles, des embouchures de rivières et dans les ports, mais également au large, afin d’étudier l’influence exercée par le milieu terrestre.

Les analyses des échantillons débuteront en décembre et les premiers résultats seront communiqués à partir du printemps 2015. Les micro-plastiques seront analysés pour déterminer leurs caractéristiques chimiques, étudier les communautés microbiennes attachées au plastique, analyser les Polluants Organiques Persistant (POP) liés au plastique et étudier l’interaction entre le zooplancton et le plastique.

Tara Méditerranée : une pollution plus grave que prévue

Mais les premiers constats de Tara Méditerranée sont là. Selon Gaby Gorsky, Directeur scientifique de l’expédition et directeur de l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer, « Des fragments de plastique ont été trouvés à chaque relevé de filet et cela de l’ouest à l’est de la Méditerranée. Avec une concentration de plastique plus importante observée devant les grandes villes mais également avec des concentrations non négligeables en haute mer. » Martin Hertau, l’un des deux capitaines de Tara, renchérit : « certaines zones que l’on pensait d’avantage épargnées car très éloignées des grandes villes sont aussi touchées, c’est le cas par exemple d’une zone entre la Crête et la Tunisie ».

Durant les escales, 5 ateliers d’échanges ont été menés avec des acteurs locaux, experts et décideurs, dans le but de stimuler la coopération internationale et les projets sur place, pour avancer vers des solutions communes. Des solutions concernant l’assainissement des eaux, la gestion des déchets, l’innovation pour un plastique biodégradable, la promotion du tourisme durable, l’éducation ou encore la création d’Aires Marines Protégées ont été discutées. Un “Livre Bleu” mettant en avant les initiatives et solutions locales découvertes lors de la mission Tara Méditerranée sera publié en mars 2015.

Auteur : Raphaël Petit, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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