La prochaine conférence des Nations Unies sur le développement durable se tient du 20 au 22 juin prochain à Rio de Janeiro au Brésil. Dite de « Rio+20 », elle s’inscrit dans le prolongement du Sommet de la Terre tenu dans cette même ville en 1992. Du 16 au 19 juin se tiennent les journées de la société civile. De nombreux événements et initiatives autour du développement durable seront présentés. En parallèle de ce Sommet se tient un contre-sommet du 15 au 23 juin : le Sommet des Peuples. Pourquoi ? Quels sont les objectifs et les limites de Rio+20 ?

Dans le contexte actuel de crises multiples, Rio+20 se veut être le point de départ pour repenser le développement à l’échelle mondiale. Les deux thèmes officiels de la Conférence sont la définition d’une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et la définition d’un cadre institutionnel et de gouvernance internationale du développement durable prenant en compte des 3 piliers du développement durable (économie, environnement et social). Il est proposé de transformer le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) en organisation mondiale de l’environnement et de lui donner une véritable autorité politique et des ressources stables. L’objectif de cette conférence est de renouveler les engagements en faveur du développement durable et d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des textes issus des précédents sommets de Rio en 1992 et Johannesburg en 2002.

Il sera également question de définir des Objectifs universels du développement durable. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis par l’ONU à l’échéance 2015 seront révisés et des objectifs plus larges après 2015 adoptés.

Il s’agit de mobiliser les Etats et toutes les composantes des sociétés civiles autour d’engagements forts en faveur de la transition économique, sociale et environnementale, de la lutte contre la pauvreté et d’une gouvernance plus aboutie du développement durable. Hommes et femmes, jeunes et enfants des gouvernements, des institutions internationales, des populations autochtones, des organisations non gouvernementales (ONG), des autorités locales, des travailleurs et des syndicats, des entreprises et de l’industriede , de la communauté scientifique et technique et des agriculteurs prennent part à ces discussions. Rio+20 est une opportunité à saisir pour sortir des nombreuses crises actuelles et mettre le développement durable au service du progrès.

La position française

En plus des thèmes officiels, deux autres objectifs sont soutenus par la France. Il y a la création d’une gouvernance internationale pour la gestion des océans et le lancement de la négociation d’un accord de droit de la mer avec 3 piliers : Aire Marine Protégée en haute mer,accès et partage des bénéfices de la biodiversité marine et régime juridique international sur les activités économiques en haute mer. Une des avancées possibles de Rio+20 serait ainsi une convention sur les droits des océans. Le deuxième objectif est d’accorder une plus grande place et un droit de parole au sein de la gouvernance internationale du développement durable à la société civile et aux acteurs non étatiques.

En France, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a décliné ses préconisations selon trois grands axes : la réduction des grands déséquilibres mondiaux, la structuration d’une gouvernance mondiale autour des objectifs du développement durable et le renforcement des mécanismes de participation des acteurs de la société civile. Découvrez ci-dessous les explications de Françoise Vilain, rapporteuse de l’avis « Rio +20, un rendez-vous majeur pour l’avenir de la planète« adopté le 22 mai 2012.

En France, le Collectif Rio+20 regroupe une cinquantaine d’organisations de la société civile française. A l’approche du Sommet, ils lancent l’Appel européen « Redonner l’ambition politique au changement que nous voulons dès Rio+20 ! ».

Les limites du Sommet

À Rio+20 ce sont surtout des ministres de l’industrie, du commerce ou de l’économie qui préparent les débats… Certains analystes reprochent dès lors le lobbying intensif des multinationales et de la finance auprès des Nations Unies. Le concept d’ « économie verte » s’est substitué à celui de « développement durable ». Il n’y a alors pas de consensus sur les points importants comme la refonte du PIB avec la prise en compte d’indicateurs sociaux et environnementaux. Si Rio+20 peut encore réserver de bonnes surprises, c’est principalement par la mobilisation de la société civile internationale.

Face à ce constat, le Sommet des peuples se tiendra en parallèle à la conférence officielle, du 15 au 23 juin à Rio de Janeiro. Ce Sommet des Peuples pour la justice sociale et écologique, contre la marchandisation de la vie et pour la défense des biens communs est organisé par près de 400 organisations de la société civile brésilienne avec le concours des réseaux, mouvements et organisations internationales. Ces organisations considèrent en effet que ce Sommet dédié à l’économie verte ne pose pas les vraies questions pour une refonte de notre système économique. En effet, même repeinte en vert, comment notre système économique peut-il reposer sur la croissance dans un monde fini ? Ainsi, les 400 organisations organisatrices de ce Forum déclarent dans un communiqué « rien dans l’économie verte ne remet en question ou ne remplace l’économie basée sur l’extraction de combustibles fossiles, ou ses modèles de consommation et de production industrielle. Au contraire cette économie ouvre de nouveaux territoires à l’économie qui exploite les personnes et l’environnement, alimentant ainsi le mythe que la croissance économique infinie est possible ». (Lire l’intégralité du Communiqué du Groupe d’articulation international du Sommet des peuples)

La société civile mettra en avant la nécessité de la transition écologique, sociale et démocratique. Elle soutient un rapport apaisé et soutenable à la nature, la défense des droits et des biens communs, une feuille de route vers la transition pour des manières de produire, consommer, faire société de façon équitable et démocratique.

Agenda global de Rio+20

  • Du 15 au 23 Juin : Sommet des Peuples
  • Du 15 au 19 juin : Journées de la société civile (dites « sandwich days ») au cours desquels vont s’organiser plusieurs manifestations dont plusieurs dédiées aux autorités locales et régionales. Au cours de ces journées sont également organisés par le gouvernement brésilien et l’Etat de Rio de Janeiro des « dialogues thématiques ».
  • Du 17 au 19 juin : Sommet des Maires, organisé par l’Etat de Rio et l’ONU dans lequel s’inscrit le Sommet urbain des autorités locales et régionales, organisé par CGLU, Un Habitat et Metropolis. CF : Programme du sommet des maires.
  • Le 19 juin : Sommet ORU-FOGAR
  • Le 20 juin : Journée de mobilisation internationale
  • Du 20 au 22 juin : Sommet officiel de Rio+20 à l’ONU

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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