Le Téléval devrait être le premier téléphérique urbain en Ile-de-France. Prévu pour 2018, la concertation publique démarre dans les villes concernées. En attendant, Brest devrait accueillir le premier téléphérique urbain français non touristique en 2015.

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Téléphérique Roosevelt Island passant au-dessus de l’East River à New-York © Semer Ingénierie électrique

Le département du Val-de-Marne porte un projet de téléphérique urbain reliant Créteil, Limeil-Brévannes, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges. Grâce à une ligne de 4,4 km de long desservant de quatre à cinq stations, il permettra de survoler d’importantes coupures urbaines : voies ferrées, gare de triage, RN 406, entrepôts, lignes à haute tension, etc. Avec 60 cabines de 15 places chacune, il pourrait accueillir 13 000 visiteurs par jour. Entièrement électrique, il n’émettra que 10 gCO2 par km/passager, contre respectivement, 17, 23 et 75 gCO2 par km/passager pour le tramway, le métro et le bus. Le coût global du projet est estimé à 72 millions d’euros.

Le Téléval désenclavera ces communes et leurs quartiers populaires en les reliant à la ligne 8 du métro. Il améliorera les conditions de déplacement de dizaines de milliers d’habitants. Pour le moment, une seule ligne de bus (ligne K) permet de relier les centres-villes de Valenton, Limeil-Brévannes et Créteil, avec des temps de parcours très aléatoires en fonction de l’état de la circulation. « 17 millions d’euros ont été investis pour réaliser des aménagements de priorisation du bus. Malgré cela, le territoire reste significativement moins bien desservi que des territoires de même densité situés à peu près à même distance en Ile-de-France. » déplore Laurence Debrincat, responsable études générales du STIF.

Ce téléphérique améliorera nettement la desserte. Il garantira un gain de temps d’au moins 30 minutes par rapport au bus actuel. Il reliera son terminus à la station de métro de la ligne 8 Créteil – Pointe du Lac en moins de 15 minutes, contre plus de 35 minutes aujourd’hui. Le syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF) conduit actuellement les études préalables. La mise en circulation devrait intervenir en 2018. En attendant, le temps est à la concertation publique. Elle aura lieu à Limeil-Brévannes le 8 octobre, le lendemain à Valenton, le 11 octobre à Créteil et le 15 octobre à Villeneuve-Saint-Georges.

Après le Téléval, d’autres téléphériques en Ile-de-France ?

Quand le Téléval aura montré son efficacité, d’autres projets devraient se concrétiser en Ile-de-France. Une liaison par câble serait à l’étude entre la gare de Lyon et la gare d’Austerlitz; une autre entre Bagnolet et Montreuil.

L’étude menée par le STIF sur le Téléval a permis de définir ce que pouvait être le mode télécabine en Ile-de-France. « Compte-tenu de la capacité potentielle de ce mode de transport, de 2 000 à plus de 4 000 voyageurs par heure, il s’agit d’un mode structurant tel que le RER, le train, le métro, le tramway ou le Tzen », rappelle Laurence Debrincat. Il devra fonctionner tous les jours de la semaine, de 5h30 à 1 heure du matin. La vitesse commerciale est comparable à celle du bus ou du tramway, mais inférieure au RER ou au train.

Le téléphérique doit s’intégrer dans le réseau de transport francilien et l’inter-modalité avec le réseau ferroviaire et de bus devront être facilitée. Pour permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite ou aux jeunes enfants, les cabines devront s’arrêter en station.

Un téléphérique urbain ? Pourquoi pas un métro ou un tramway ?

Le transport par câble aérien intéresse particulièrement les collectivités pour franchir les obstacles naturels ou les infrastructures urbaines. L’avantage des télécabines est d’aller en ligne droite, d’avoir des durées de chantier relativement faibles et d’être souvent moins cher que les autres modes. Il est donc particulièrement intéressant pour franchir des cours d’eau, les autoroutes, les voies ferrées ou d’importants dénivelés.

Les collectivités intègrent désormais ce mode dans l’éventail des transports en commun en milieu urbain. Des territoires lancent des réflexions sur des implantations possibles. Dans le cadre de l’appel à projets 2013 « Transports collectifs et mobilité durable » (un engagement de l’Etat pour subventionner des projets en milieu urbain, hors Ile de France) plusieurs projets de transport aérien par câble ont été proposés. L’objectif est de promouvoir et banaliser ce mode et de l’adapter en fonction des topologies urbaines, l’intégrer dans la multi-modalité.

D’autres projets sont d’ores et déjà à l’étude au niveau national. Le projet de Brest est le plus abouti et devrait être le premier téléphérique urbain français avec une mise en route en 2015 pour un montant d’environ 15 millions d’euros et une ligne de 460 mètres de long. À Toulouse, le Projet AéroTram présente un tracé de 2,6 km pour un budget de 44 millions d’euros. Sa mise en service est prévue en 2017. Deux projets sont à l’étude à Grenoble. Le premier, de 10 km est estimé à environ 60 millions d’euros. Le deuxième, moins avancé, devrait relier les 3 lignes de tram de la ville.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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  • Chomat Gérard

    Bonjour,je trouve que l’on se préoccupe beaucoup d’une LAC d’un tramway,fut elle minuscule,alors que là,les charpentes,et tout le reste….
    Cordialement,M Chomat.

  • nanou

    Pratique pour les déplacements de nombreux franciliens mais quelle horeur pour le paysage et l’aménagement urbain… on a déjà l’impression d’étouffer en IDF et on va encore charger tout ça…