La tortue-alligator, Macrochelys temminckii, est la plus grosse tortue d’eau douce de par son poids pouvant dépasser les 100 kilogrammes. Prédatrice à l’alimentation des plus variée et pourvue d’un bec tranchant, elle n’en reste pas moins menacée.

tortue alligator

Le bec redoutable de la tortue alligator peut sectionner net un doigt ou un tendon humain. © Le refuge des tortues

Endémique des cours d’eau douce Américains, on retrouve ce chélonien dans une multitude d’États. On a déjà trouvé des spécimens dans les États suivants : Kansas, Iowa, Indiana, Illinois, Tennessee, Kentucky, Missouri, Oklahoma, Texas, Arkansas, Louisiane, Mississippi,  Alabama, Géorgie, Floride selon Reptile-database.

Il est préférable cependant de ne pas la rencontrer en milieu naturel. La tortue-alligator se dissimule parfaitement dans le paysage. Ses 100 kilos et ses 80 centimètres sont souvent immergés dans une eau boueuse où elle devient invisible grâce à sa carapace gris-marron ou vert olive recouverte d’algues. Sa large tête est tellement imposante qu’elle ne peut rentrer dans sa carapace.

Inutile de se protéger : la Macrochelys ne connaît pas de prédateurs une fois sa taille adulte atteinte. Elle préfère tenir ce rôle à l’aide de son bec redoutable capable de sectionner net un doigt ou un tendon humain. Autant dire que les poissons, les crustacés, les oiseaux, les petits mammifères et les autres tortues dont elle se nourrit n’ont pas le temps de comprendre le sort qui leur est réservé.

La plus grosse tortue d’eau douce, mais aussi la plus puissante

Contrairement aux carapaces lisses des tortues connues, la tortue-alligator possède de larges écailles carénées, en relief, dans la lignée de trois arêtes dorsales. C’est d’ailleurs cet aspect de dinosaure au dos dentelé qui lui a valu ce nom de tortue-alligator en français et de « alligator snapping turtle » en Anglais.

Plus stupéfiant encore la Macrochelys possède un petit bijou d’évolution : un leurre mouvant en forme de vers sur la langue. Grâce à cet appendice, le prédateur chasse à l’affût ses proies aquatiques. Camouflé au fond de l’eau, il attend qu’un poisson pêche pour refermer à une vitesse incroyable son bec sur sa proie, d’où le nom « snapping » (claquant).

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Une tortue puissante, mais vulnérable

La tortue-alligator est classée comme espèce vulnérable dans la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) depuis 1988. A l’époque elle était nommée Macroclemys temminckii, et a changée de genre en 2007, pour Macrochelys temminckii.

Le commerce de cette tortue est soumis à des restrictions, depuis le 14 Juin 2006, à cause des prélèvements excessifs pour la vente d’animaux exotiques, et de l’exploitation de l’espèce pour sa viande. Elle est inscrite en Annexe III de la convention de Washington, aussi nommée Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Pour sa protection, la capture de cet animal est strictement interdite dans 6 États américains et autorisée seulement avec un accord préalable dans 6 autres. L’aire de répartition de cette espèce s’étend sur plus de 10 000 km², mais la densité de la population sur cette zone est relativement basse.

Même si on ne note pas une dégradation flagrante de l’habitat de la tortue-alligator, constitué de rivières, de fleuves et de marais, certaines zones sont remplacées par des terres agricoles ou drainées pour l’irrigation.

La tortue alligator en vidéo

Auteur : Rudy Palatci, étudiant en journalisme

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