Espèce menacée et en danger critique d’extinction selon le livre rouge de l’UICN, la tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata, connaît une baisse continuelle de ses effectifs mondiaux. Elle est victime d’une surexploitation depuis des siècles pour la beauté et l’épaisseur de son écaille qui peut se souder à chaud pour créer des objets (lunettes, bijoux, coffrets,…).

tortue imbriquée

Tortue imbriquée dans son habitat © Mr eNil sur Flickr

La tortue imbriquée est généralement liée aux formations coralliennes. C’est une espèce côtière et solitaire qui nidifie de façon préférentielle en milieu insulaire et dans des substrats grossiers. Sa nidification peut être diurne. Le long des côtes africaines, ses meilleurs sites de ponte sont dans les Seychelles et les Comores. Nidification en Somalie, au Kenya, en Tanzanie, à Madagascar. En Afrique occidentale, de petits cheptels reproducteurs sont identifiés, mais encore mal quantifiés dans l’archipel des Bijagos (Guinée Bissau), en Guinée (îles de Loos, îles Tristao), et dans le golfe de Guinée sur les îles de Bioko, Princípe, São Tomé, Las Rolas, et Corisco.

Biologie et identification de la tortue imbriquée

La tortue imbriquée est carnivore, avec une tendance à la spongivorie. À part les éponges, ses proies sont des anémones, des bivalves, des oursins qu’elle arrive à déloger de leur support ou de leur cachette à l’aide de son long bec crochu. Elle pond deux ou trois fois par saison à intervalles de 15 jours. Les pontes comprennent 70 à 200 oeufs et le cycle de reproduction s’étale sur 2 ou 3 ans.

La tortue imbriquée mesure de 80 cm à 1 m pour un poids d’environ 140 kg. Le nouveau-né mesure en moyenne 4 cm pour un poids de 15 g. Sa dossière est assez elliptique, étroite, recouverte de plaques imbriquées comme les tuiles d’un toit. L’imbrication peut s’estomper en vieillissant. Sa tête est petite, comprimée, allongée, à museau étroit, armé d’un bec fort, pointu et crochu. Ses membres antérieurs sont trapus avec deux griffes chacun. La coloration de la dossière est très variable, dans une gamme étendue de couleurs chaudes et vives, avec des radiations, des stries et des mouchetures très contrastées claires et sombres. La couleur générale des parties molles est souvent dans des tons ambrés avec des ornementations marron, rouge, noir, jaune. La face supérieure des pattes, des parties molles, de la tête, du cou et de la queue sont jaune orangé à brun rouge, avec des écailles lisérées de jaune vif. Le plastron est blanc jaunâtre, jaune doré à ocre, parfois sali de brun.

Auteur : Jacques Fréteypour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)


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