Alter Eco est un projet qui a vu le jour en 1998 sous la forme d’une petite boutique associative. Depuis, le projet a bien grandi et plus de 120 produits bio et équitables sont désormais disponibles dans près de 4 000 points de vente partout en France mais aussi en Belgique et au Luxembourg.

Fernando Ramirez et Alfonso Lopez, partenaires d’Alter Eco, producteurs de café de la coopérative Kulaktik au Chiapas (Mexique) en visite dans l’exploitation d’un agriculteur de la CORAB. © Alter Eco

Alter Eco s’inscrit dans une démarche de progrès depuis sa création. Initialement dédié au commerce équitable exclusivement, le projet a vite évolué vers une prise en compte et une intégration progressive de tous les enjeux du développement durable. Les produits Alter Eco sont certifiés bio et commerce équitable mais présentent également l’emprunte carbone propre à chaque référence. Alter Eco a initié depuis 2005 une « démarche carbone » visant à évaluer, réduire et compenser l’intégralité de ses émissions de CO2 via un projet de reforestation en Amazonie péruvienne, au sein de la coopérative de producteurs de cacao Acopagro, partenaire d’Alter Eco.

Alter Eco a monté des partenariats avec 40 coopératives dans 25 pays d’Amérique Latine (Pérou, Mexique, Bolivie,…), d’Afrique (Ethiopie, Maroc, Afrique du Sud,…) et d’Asie (Thaïlande, Inde, Sri Lanka,…) et importe en provenance de ces coopératives de nombreuses matières premières alimentaires : sucre, riz, café, cacao, jus de fruits, quinoa, thé,…

En 2010, Alter Eco a rencontré la CORAB (Coopérative Régionale d’Agriculture Biologique) regroupant 120 producteurs en Poitou-Charentes et a développé un partenariat visant à transposer les mécanismes du commerce équitable à un projet Nord-Nord. A travers ce programme, nous souhaitons défendre l’agriculture paysanne en France, cette même agriculture que nous soutenons au Sud depuis près de 15 ans.

Pour un commerce équitable exigeant

A l’heure où de nouveaux acteurs arrivent sur le marché, avec des objectifs plus ou moins vertueux et un engagement à géométrie variable, Alter Eco défend une vision exigeante du commerce équitable. Il ne s’agit pas simplement d’apposer un logo sur un paquet de café, c’est une démarche globale qui engage l’entreprise dans l’intégralité de ses pratiques : défendre le respect de la biodiversité, soutenir en priorité des petites coopératives agricoles, favoriser le développement d’une agriculture biologique familiale et paysanne.

Au-delà des mécanismes du commerce équitable (prix minimum et prime de développement), Alter Eco s’engage également à préfinancer gratuitement ses commandes, à développer des outils d’analyse et de suivi des coopératives partenaires, à se rendre régulièrement sur le terrain pour garantir l’impact de son activité sur le développement des organisations de producteurs. La priorité c’est de connaître les producteurs, de tisser des liens forts avec les coopératives et de ne pas les considérer comme de simples fournisseurs de matières premières et leur permettre d’intégrer un maximum de valeur ajoutée.

Un consommateur parfois perdu

Aujourd’hui, bon nombre de citoyens connaissent le commerce équitable mais le passage à l’acte reste marginal même si les ventes se développent. Si Alter Eco bénéficie d’une croissance importante en 2011 (+ 15%), ce n’est pas le cas de l’ensemble du secteur et de nombreux acteurs connaissent des difficultés à émerger et à pérenniser leur activité. La multiplication des acteurs sur le marché et le fait qu’on retrouve désormais le label Max Havelaar sur de plus en plus de produits de la grande distribution, du hard discount ou d’industriels a participé à la confusion qui règne chez le consommateur. Peut-on faire du discount équitable ? Un industriel de l’agroalimentaire qui ne propose qu’une ou deux références labélisées sur une gamme comportant plusieurs centaines de produits, peut-il prétendre être engagé dans la mise en place et le développement d’un commerce plus juste avec les producteurs ? Autant de questions légitimes. Le consommateur aujourd’hui est certainement perdu, dubitatif.

Un développement à cadrer

Pourtant, certains acteurs engagés qu’on appelle ATO’s (Alternative Trade Organizations) continuent de défendre la vision originelle du commerce équitable, une vision engagée et sans concession. Ces acteurs, comme Alter Eco, se dédient à 100 % à l’émergence d’un modèle économique alternatif et à la défense d’un commerce respectueux de l’homme et de l’environnement.

Comment percevoir la différence entre ces acteurs spécialistes et des structures entrées sur le marché par opportunisme ? La meilleure façon de pouvoir identifier les pratiques de chacun reste de contacter les différentes marques pour chercher à en savoir plus sur leur démarche et leur engagement global. Si nous pouvons nous réjouir du développement des débouchés pour les producteurs grâce à ces nouveaux entrants sur le marché, prenons garde à ce que le développement du commerce équitable soit cadré aussi bien en amont (identifier les bénéficiaires prioritaires) qu’en aval (quel engagement de la part des marques proposant des produits labélisés sur le marché ?).

La Quinzaine du Commerce Equitable, un temps fort pour la sensibilisation

Chaque année pendant la Quinzaine du Commerce Equitable, Alter Eco invite des agriculteurs du Sud à rencontrer les consommateurs, à échanger avec le public, à participer aux différents événements et conférences. L’enjeu est de tisser un lien fort entre les producteurs et les consommateurs et plus largement être un trait d’union entre toutes les parties prenantes de notre projet.

Cette année, nous avons le plaisir de recevoir la visite de deux membres de la coopérative Kulaktik au Chiapas dans le sud du Mexique. Nous étions vendredi 11 mai dans les champs d’Emmanuel Marchand, agriculteur français de la CORAB avec nos invités mexicains, Freddy Fernando Ramirez Intzin et Alfonso Lopez Santiz, producteurs de café. Une rencontre riche en enseignements croisés entre ces producteurs qui vivent à 15 000 km de distance. Des réalités bien différentes et pourtant si proches.

Mais le commerce équitable ne doit pas vivre uniquement pendant la Quinzaine du même nom ! C’est au quotidien que nous devons être des acteurs du changement et participer même modestement, à travers une consommation citoyenne et responsable, à une évolution nécessaire du commerce et de l’économie vers plus d’équité et de respect.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.altereco.com.

Auteur : Eric Garnier, d’Alter Eco


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  • yves

    Vous semblez regretter que la grande distribution se soit emparée du label Max Havelaar. J’ai souvenir d’une interview de directeur de l’époque, en décembre 2007, qui disait devoir aller avec les produits Alter eco là où les consommateurs vont. A savoir dans les supermarchés.
    Alter eco a lancé un laboratoire du commerce equitable avec une enseigne nationale qui s’appelle Leclerc et qui revendique dans toutes ses publicités être le moins cher. N’y a-t-il pas un paradoxe, voire une contradiction flagrante ?