Une étude commandée par 6 verriers français au cabinet Ernst & Young a évalué leur contribution à l’économie nationale selon 3 axes : social (emploi), économique (valeur ajoutée) et environnement. Qui a dit que le made in France ne payait pas ?

recyclage verre

Le calcin, ces débris de verre issus du recyclage, représente 63 % de la matière première des verriers. © Verre avenir

20 usines verrières réparties sur l’ensemble de la France ont été retenues dans le cadre de cette étude. Elles produisent bouteilles, pots alimentaires et flacons. Sont exclus de l’étude le verre plat des bâtiments, le verre des transports et le verre creux de décoration. Au total, les verriers français représentent 6 800 emplois directs : ce sont les salariés permanents des établissements verriers, hors intérimaires. L’industrie engendre également 6 700 emplois indirects à travers ses fournisseurs, sous-traitants et prestataires de services. Parmi ces 6 700 emplois, 1 600 travaillent dans le recyclage du verre pour la collecte et le traitement. Enfin, 2 100 emplois seraient induits grâce aux dépenses des salariés. C’est donc environ 1,2 emplois indirects ou induits pour 1 emploi direct.

Selon l’étude, l’industrie génère plus de 1,1 milliards d’euros de PIB : 585 millions d’euros (M€) directs, 350 M€ indirects et 190 M€ induits. Elle génère également plus de 190 millions d’euros de contributions aux finances publiques.

L’étude réalisée par Ernst & Young confirme que la distance moyenne entre les verreries et leurs clients est de 300 km. Cette étude nous apprend aussi que les matières premières (calcin, sable, carbonate de sodium et calcaire) utilisées pour faire du verre sont à plus de 95 % extraites en France. Ces dernières parcourent elles aussi en moyenne 300 km entre leur lieu de collecte, d’extraction ou de production et la verrerie où elles sont transformées.  Après transformation, moins de 10 % des emballages vides sont exportés.

Un recyclage en augmentation constante

Le taux de recyclage du verre d’emballage a dépassé 70 % en 2011 selon la dernière évaluation de la Fédération européenne du verre d’emballage (FEVE). Le recyclage du verre d’emballage poursuit ainsi sa progression en Europe. En 2011, plus de 11 millions de tonnes de verre ont été recyclées en Europe, l’équivalent de plus de 25 milliards de bouteilles. La France est bien positionnée et se situe dans la moyenne européenne avec plus de 7 bouteilles sur 10 qui sont aujourd’hui collectées et recyclées : 2 millions de tonnes ont été recyclées en 2012.

« Notre taux de recyclage en France progresse régulièrement chaque année. Il est passé en 15 ans de 40 % à 70 %, soit une progression moyenne de + 2 % par an» déclare Jacques Bordat, Président de la Fédération des Industries du Verre. Au niveau national, plus de 80 % du tonnage est récolté par container, 20 % en porte à porte.

Le calcin, débris de verre issus du recyclage, représente aujourd’hui 63 % des matières premières. Certains fours peuvent même fonctionner avec plus de 90 % de calcin pour le verre de couleur. L’utilisation du calcin économise l’énergie et diminue les émissions de CO2 issues de l’extraction et du transport de matières premières. 1 kg de calcin utilisé remplacerait 1,2 kg de matières minérales vierges selon une étude.

Le tri par couleur est une solution innovante pour recycler plus et mieux. La séparation du verre blanc et coloré est désormais automatisée par tri optique. Cela permet de garder un système de collecte sans ajouter des containers et sans changer le tri du consommateur. Sur 14 centres de traitements, 7 sont déjà équipés de tri optique. 2 nouveaux centres seront équipés en 2013.

Un travail continu sur les émissions

Les objectifs en matière d’environnement sont d’améliorer l’efficacité énergétique des fours, d’augmenter le taux de calcin et d’avoir recours aux énergies renouvelables pour alimenter les fours.

Entre 2005 et 2011, les verriers ont réduit leurs émissions de CO2 à la tonne de verre produite de 17 %. Les émissions sont aujourd’hui situées entre 400 kg et 450 kg par tonne de verre. On constate aussi une démarche d’allègement des emballages. Par exemple, la bouteille Champenoise est passée de 900 g à 835 g, ce qui fait un allègement de 20 000 tonnes sur les 300 millions de bouteilles produites.

En 2013, 100 % des fours sont équipés d’électro-filtres. Ils ont permis de réduire de 90 % les rejets de poussières entre 2007 et 2012.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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