New Delhi suffoque ! Depuis quelques heures, la capitale indienne vit enveloppée dans un épais smog. Ce matin, des niveaux inquiétants de pollution aux particules ultra-fines ont été répertoriés. Depuis, le gouvernement a décidé que les écoles seraient fermées pour toute la semaine.

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New Delhi suffoque sous la pollution de l’air. PHOTO//Pixabay

Une fois n’est pas coutume, New Delhi ne déroge pas à sa réputation. Celle qui est reconnue comme capitale la plus polluée du monde est asphyxiée par un immense smog. Sur les photographies, des paysages brumeux ou sépia, qui n’ont rien à voir avec un brouillard automnal. C’est bel et bien un immense nuage de particules fines qui s’est immiscé partout dans la ville. Les 20 millions d’habitants de New Delhi tentent de lutter comme ils peuvent face à cette pollution. Ces derniers se protègent le visage avec des vêtements ou des chiffons. Mais cela est-ce bien efficace ? Essayer de lutter contre la pollution aux particules fines avec des linges, c’est David qui lutte contre Goliath.

Une pollution plus qu’inquiétante pour New Delhi

Le gouvernement a donc ordonné la fermeture des écoles jusqu’à la fin de la semaine pour protéger les enfants. « En raison de la détérioration de la qualité de l’air à Delhi, il ne peut y avoir de compromis avec la santé des enfants. Nous avons ordonné la fermeture de toutes les écoles de Delhi jusqu’à dimanche », a tweeté Manish Sisodia, vice-ministre en chef de la région de Delhi. Le métro est également concerné car le nuage polluant a conquis les sous-terrains de la ville.

Les particules ultra-fines qui composent ce smog mesurent moins de 1 micron et sont extrêmement dangereuses. Ainsi, le smog, a fortiori lorsqu’il est composé de particules ultra-fines a des effets dévastateurs sur la santé. Cette pollution suffocante, dangereuse pour tout le monde, l’est d’autant plus pour les populations les plus fragiles. Dès 2,5 microns, les particules fines vont se fixer dans les bronches et accroître les risques de cancer du poumon.

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La pollution de New Delhi affole l’OMS

Même les masques en papier ne sont pas efficaces face à un tel phénomène. À New Delhi, les compteurs de particules fines se sont littéralement emballés. La concentration de particules fines dans l’air a atteint 300 à 650. Ces niveaux sont effarants lorsque l’on sait que l’OMS recommande que ce taux ne dépasse pas 25. Au dessus, l’Organisation mondiale de la santé affirme qu’il y a des risques pour la santé. Actuellement, respirer à New Delhi reviendrait à fumer l’équivalent de 50 cigarettes par jour en termes de particules fines ingérées, selon le Guardian.

Autre fait très inquiétant : les habitants de la ville ne semblent pas tous conscients de l’ampleur du problème. Bien que des Delhites aient confié à l’AFP que la pollution est « insupportable pour les humains » et « invivable », tous ne sont pas conscients du danger. Pour les moins avertis, le smog serait causé par des phénomènes naturels, bien loin de la réalité des particules fines.

En réalité, le smog s’est formé suite à l’absence de vent et aux basses températures. « Quand je suis arrivé à Delhi en 1984, l’air de la ville était propre. Mais aujourd’hui quand je suis parti à quatre heures du matin au travail, je ne voyais presque rien », a déclaré à l’AFP Jeevanand Joshi, un vendeur de thé de rue. La rapide dégradation de l’air en Inde est préoccupante alors que la COP23 se tient actuellement à Bonn.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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