2 économistes face aux enjeux climatiques

Auteur : Roger Guesnerie, Nicholas Stern et Gabriel Zucman. Editeur : Editions Le Pommier. 112pages. Date de parution : 28/08/2012. Prix indicatif : 12 €

L’ouvrage 2 économistes face aux enjeux climatiques livre les discussions de deux économistes de renom qui s’intéressent à l’économie du changement climatique. Découpé en 3 parties, il s’intéresse au problème climatique et à la vision qu’en ont les économistes, aux politiques climatiques régionales et globales et à la question des négociations internationales.

Nicholas Stern et Roger Guesnerie discutent des risques, des incertitudes et des coûts potentiels du changement climatique. Malgré les incertitudes qu’ils reconnaissent volontiers même si le GIEC accorde à son scénario climatique plus de 90% de chances de se réaliser, ils insistent sur l’importance de l’action immédiate pour préserver notre économie. En effet, le changement climatique risque d’activer des processus irréversibles. La mise en place d’une économie sobre en carbone est au contraire un levier important de croissance et d’emplois. Pour Nicholas Stern, « la phase de transition a tout pour enclencher une phase de révolution industrielle, de créativité et d’innovation qui contribuera fortement au développement des pays pauvres ». En revanche, si rien n’est entrepris à temps, le changement climatique fera perdre bien plus qu’un ou deux points de PIB.

Si un accord légalement contraignant est important, il n’est pas obligatoire pour Nicholas Stern. L’importance est le résultat et non le chemin pour y parvenir. Aujourd’hui la Chine investit massivement dans l’économie verte alors même qu’elle ne veut pas signer d’accord. «  Je pense qu’une coopération informelle entre Etats, fondée sur la reconnaissance du caractère multidimensionnel de la coopération internationale et des risques qu’il y a à laisser passer le train de la croissance verte, peut nous mener assez loin sur le chemin de la lutte contre le changement climatique. À l’inverse, un formalisme excessif risque de conduire les pays à revoir à la baisse leurs engagements », affirme Nicholas Stern.

Les auteurs montrent également l’importance et l’urgence qu’il y a à instaurer une taxe carbone optimale ou un marché du carbone optimal et ce, de façon à internaliser parfaitement le coût des externalités que sont les émissions de gaz à effet de serre. En l’absence de marché mondial, ils s’interrogent sur la définition d’un ajustement aux frontières qui ne soit pas une mesure protectionniste mais qui rétablisse la neutralité concurrentielle. Ceci reviendrait en quelque sorte à créer une taxe carbone d’importation aux frontières

Aussi, les auteurs s’accordent sur l’importance d’essayer de limiter la hausse à 2°C supplémentaires d’ici la fin du siècle. Pour cela, le monde doit émettre moins de 20 milliards de tonnes de CO2 équivalent en 2050. À 9 milliard, cela fait environ 2 tonnes par tête en 2050… Comme le rappelle Nicholas Stern, « l’Institut météorologique britannique a simulé qu’elles seraient les conséquences à l’échelon régional d’un monde en moyenne 4°C plus chaud. Dans certaines régions, le réchauffement pourrait être bien plus élevé (10°C ou plus) ; l’Arctique pourrait se réchauffer de 15°C en raison de l’effet cumulé de la fonte des neiges et des glaces (davantage de radiations solaires seraient absorbées). L’Afrique occidentale et méridionale se réchaufferait très fortement (jusqu’à +10°C) et s’assècherait, les précipitations pourraient y diminuer de 20%, tout comme en Amérique centrale, dans le bassin méditerranéen et dans certaine régions côtières d’Australie. Dans d’autres régions à l’inverse, comme en Inde, les préc ipi tations pourraient augment er de 20 % augmentant considérablement les risques d’inondations, bouleversant le cycle de la mousson et le débit des fleuves himalayens. » 

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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