Agriculture biologique : espoir ou chimère propose au lecteur de faire le tour des questions que pose aujourd’hui l’agriculture biologique, en compagnie d’un agronome spécialisé impartial (Thierry Doré), d’un fervent défenseur (Marc Dufumier) et d’un opposant critique de ce mode de production (Gil Rivière-Wekstein).

agriculture biologique

Agriculture biologique : espoir ou chimère ? Auteurs : Thierry Doré, Marc Dufumier et Gil Rivière-Wekstein. Editeur : Le Muscadier. 128 pages. Date de parution : 21/03/2013 Prix indicatif : 9,9 €

Marc Dufumier rappelle d’entrée de jeu un point important : s’il est vrai que l’agriculture biologique se traduit souvent par de moindres rendements dans les pays du Nord déjà excédentaires en vivres, il n’en est pas du tout de même dans la plupart des pays déficitaires du Sud. Là-bas, des systèmes de culture et d’élevage inspirés de l’agriculture biologique leur permettraient d’accroître très sensiblement les productions à l’hectare et ce, sans coût majeur en énergie fossile ni recours exagéré aux engrais et pesticides chimiques.

Les principales critiques de Gil Rivière-Wekstein concernent les fondements de l’agriculture biologique. Sa méthode consiste à ridiculiser les pionniers de cette agriculture, notamment Rudolf Steiner et ses acolytes. Il ne voit en elle qu’un refus systématique du progrès scientifique.  Pourtant, le bio actuel montre au contraire qu’il n’est pas besoin de rejeter le progrès et l’industrie pour respecter la nature et l’environnement ! Le journaliste en oublie trop souvent les vrais fondements scientifiques qui prévalent aujourd’hui. Il invite les professionnels du bio à considérer les OGM comme une solution crédible. Il met sur un pied d’égalité OGM et hybridation, mutagenèse et transgénèse.

Gil Rivière-Wekstein  fait la louange des engrais chimiques qui ont permis la multiplication de la production annuelle de céréales. Selon l’auteur « ces avancées n’auraient pas pu avoir lieu sans les engrais de synthèse, dont l’agriculture biologique se prive encore aujourd’hui ». Il ne veut pas voir dans les circuits courts une vraie tendance qui vise à diminuer les intermédiaires et avoir des produits de qualité. De même, il critique les « intégristes » du bio qui seraient contre la vente en grandes surfaces. Bio ou conventionnel, les critiques à l’égard de la grande distribution sont pourtant les mêmes : faible prix d’achats aux agriculteurs, trop d’intermédiaires, etc. Concernant le bio, le principal reproche qui est fait aux GMS est de sacrifier l’aspect social et privilégier dans ses approvisionnements les produits issus d’exploitations situées à l’étranger où les salariés sont sous-payés.

Gil Rivière-Wekstein  rappelle toutefois de façon intéressante que le bio a recours à des pesticides naturels et au cuivre, ce qui ne garantit pas totalement l’absence de résidus sur les produits. De plus, ces pesticides sont souvent fabriqués par les mêmes multinationales de l’agrochimie !

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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