Homo Toxicus. Réalisé par : Carole Poliquin en 2008. 1h27. Note : 3/4

Homo Toxicus. Réalisé par : Carole Poliquin en 2008. 1h27. Note : 3/4

Tous les corps humains présentent des contaminations en métaux lourds, polluants organochlorés, phtalates et divers autres polluants chimiques. Parmi toutes, les inuits constituent l’une des populations les plus à risque. Nombre de leurs enfants présentent des problèmes auditifs dus à leur taux d’infections élevés. L’essentiel de leur consommation est constituée par des bélugas, phoques et poissons crus. Ces mammifères, en haut de la chaîne alimentaire, sont les plus contaminés par les polluants chimiques et les métaux. Dans la population des pays industrialisés, de plus en plus d’enfants souffrent également de problèmes d’allergies, d’asthme et de problèmes d’attention. Les PBDE sont des produits dont les doses ont été multipliées dans le lait maternel. Principalement présents dans les produits électroniques, ils sont relâchés dans l’air dans les conditions normales d’utilisation. Lumière sur une réserve indienne à Sarnia( Ontario, Canada ) vivant à proximité d’une vallée chimique : un ensemble de raffineries et d’usines de produits chimiques, une centrale thermique au charbon et un site d’enfouissement de déchets toxiques. Dans cette réserve, deux fois plus de filles que de garçons naissent depuis  1993 alors que le taux habituel de naissances est de 106 garçons pour 100 filles. Les fœtus mâles sont fragilisés par rapport aux filles mais il n’y a aucune certitude quant à ce qui a pu provoquer le problème dans cette vallée de la chimie… Le ratio des sexes a également commencé à diminuer dans les pays industrialisés. Les perturbateurs endocriniens seraient-ils la cause du problème ? Ce qui a déjà été observé est qu’il y a une corrélation entre le taux de pesticides dans le sang et la qualité spermique. Toutes les études indépendantes ont conclu à la toxicité du pesticide « atrazine », les seules études montrant son innocuité sont celles qui ont été financées par les producteurs du dit produit… Les bélugas du fleuve Saint-Laurent sont menacés de disparition à cause de la charge toxique qu’ils portent. Celle-ci est si lourde que leur système immunitaire ne les protège plus ; ils meurent alors de cancers. Dans la même course aveugle au profit, les OGM et les nanoparticules sont introduits dans l’environnement et comme pour le climat, personne ne sait quand nous franchirons le point de rupture. Ce qui est sûr, c’est que de plus en plus d’hommes ne pourront pas avoir de descendance…

Ce documentaire aborde les graves problèmes de fécondation dus aux produits chimiques dans notre société. Chaque année, le nombre de spermatozoïdes baisse de 2% et ce, depuis  la deuxième moitié du XX e siècle. La mobilité des spermatozoïdes baisse également alors que le nombre d’anomalies augmente. Les malformations génitales augmentent également, sans doute à cause des pesticides. Serions-nous en train de franchir la ligne qui sépare le progrès de l’auto-destruction ? Carole Poliquin nous livre ici une approche accessible à tous avec des explications claires. Le constat est alarmant et les témoignages poignants. Il est ainsi regrettable que ce documentaire n’ait pas bénéficié d’une diffusion télévisuelle à grande échelle en France.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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