Auteurs : André Aschieri et Maud Lelièvre Editeur : Armand Colin.  160 pages Date de parution : 07/06/2012 Prix indicatif : 19 €

Loin des recommandations du Grenelle de l’environnement, la France consomme ses terres et réduit chaque année sa capacité de production agricole. Elle s’oblige alors à importer des produits alimentaires et risque à terme de mettre en péril sa souveraineté alimentaire. Aujourd’hui,  l’équivalent d’un département de terres agricoles disparaît tous les 7 ans en France! Pour y remédier, André Aschieri et Maud Lelièvre, auteurs de La fin des terres, comment mangerons-nous demain ? invitent à repenser le foncier pour protéger les terres agricoles, notamment sur le littoral et à mettre fin à l’étalement urbain.

Les auteurs alertent également contre l’accaparement des terres par les pays riches et les entreprises. Ils rappellent qu’entre 2009 et 2011, environ 30 millions d’hectares sont entrés dans le nouveau portefeuille foncier de la Chine, des pays du Golfe, de l’Inde, de la Corée du Sud et de l’Europe. Rien de moins qu’une surface équivalente  à la moitié de la France en seulement trois ans. Et le processus s’accélère. Selon la Banque mondiale, 47 millions d’hectares ont été accaparés de la sorte dans le monde au cours de la seule année 2009.

André Aschieri et Maud Lelièvre dénoncent également la pression foncière en soulignant qu’entre 2007 et 2008, la crise financière mondiale a créé un phénomène nouveau, faisant des terres une valeur refuge après la crise des subprime. Délaissant les actifs financiers à risque, les fonds de pension américains ont fait des produits alimentaires de base un placement sûr. Ainsi, selon une enquête menée par l’ONG GRAIN en juin 2011, « les fonds de pension brassent aujourd’hui 23 000 milliards de dollars US d’actifs, dont 100 milliards sont investis dans des produits de base », et prévoient près d’un cinquième pour l’acquisition  de terres agricoles.

Les auteurs défendent une meilleure alimentation en brandissant les conclusions du rapport du Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter sur l’agroécologie qui, contrairement  à ce que les lobbies industriels et agroalimentaires voudraient laisser penser, montre qu’il est possible de nourrir la planète avec une agriculture biologique et raisonnée ! « Nous ne réglerons pas les problèmes de la faim et du changement climatique en développant l’agriculture industrielle sur de grandes plantations » affirme Olivier De Schutter. Il faut au contraire miser sur la connaissance des petits agriculteurs et sur l’expérimentation, et améliorer les revenus des paysans afin de contribuer au développement rural. Un soutien énergique aux mesures identifiées dans le rapport permettrait de doubler la production alimentaire dans les 5 à 10 ans dans des régions où la faim sévit. Au contraire, les lobbies voudraient faire croire que les OGM, le brevetage du vivant et les agrocarburants sont indispensables pour nourrir l’humanité en 2050. En effet, les multinationales de l’agroalimentaire n’ont aucun avantage à développer ces pratiques qui ne donnent pas lieu à des brevets et qui n’ouvrent pas de marchés pour des produits chimiques ou des semences améliorées.

Si les auteurs brandissent des initiatives locales notamment à travers les circuits-courts, ils s’attachent à démontrer qu’elles demeurent encore trop rares. Ce livre montre que c’est donc aux politiques publiques d’être ambitieuses pour forcer le changement.

Quelques mots sur les auteurs

André ASCHIERI est maire de Mouans-Sartoux (06) depuis 1974 et Vice-président du Conseil Régional de PACA délégué au Foncier, à l’Habitat et au Logement. Ecologiste convaincu, mais n’appartenant à aucun parti politique, il a créé en 2000 l’Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale. Il est également membre du Grenelle Environnement et du Plan National Santé Environnement II (PNSE2). André Aschieri a été député de 1997 à 2002. Il est notamment l’auteur de La France Toxique (1999), Mon combat contre les empoisonneurs (2010).

Déléguée générale de l’Association nationale Les Eco Maires, Maud LELIEVRE est avocate, docteure en droit et diplômée de Sciences-Po. Elle enseigne le développement durable à l’Université de Paris VIII. Elle participe à titre d’experte au niveau national et international à différentes commissions, en particulier à la Commission de révision de la Stratégie nationale de la biodiversité 2011-2020 et au plan Ecophyto 2018. Elle travaille au sein du think tank Terra Nova sur des questions environnementales. Elle est élue depuis 2001 au conseil municipal de Saint-Denis, ville de l’Ile de France fortement urbanisée.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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