Les temps changent. Réalisé par Marion Milne en 2008. 1h30. Note : 3/4

Les temps changent. Réalisé par Marion Milne en 2008. 1h30. Note : 3/4

Ce docu-fiction est basé sur les prévisions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avec le postulat que la température moyenne de la planète augmentera de 4 degrés d’ici 2075. A quoi ressemblera le monde si rien n’est fait pour arrêter les changements climatiques ?

Nous sommes en 2075. Les hommes n’ont jamais réussi à trouver un accord et le réchauffement climatique a bien eu lieu, augmentant le niveau des eaux et réduisant la biodiversité. Ainsi, de nombreuses îles ont disparu, des régions entières ont été rayées de la carte, mettant sur le chemin de l’exode des millions de réfugiés climatiques. Les inondations sont devenues des menaces permanentes partout dans le monde : New-York, Shangaï et Londres sont régulièrement sous les eaux. 40% des espèces animales ont disparu et les glaciers ont presque tous fondu. L’équilibre climatique a été entièrement rompu. Dans le nord de l’Afrique, le désert est partout, plus rien ne pousse et la force du soleil a tout brûlé. Les rares puits d’eau du désert se sont tarris. Le fragile développement de l’Afrique a été entièrement anéanti. Des immenses camps sont construits à Tanger pour gérer le flot des immigrés. La seule immigration acceptée vers l’europe est l’immigration saine, économique et choisie, il est presque impossible d’y rentrer clandestinement. Chaque candidat passe des tests. S’il est accepté, une puce lui est implantée pour pouvoir le localiser sur le territoire européen. Sinon, il est invité à prendre le chemin du retour. En France, les vignes de Bordeaux ont disparu et ont été remplacées par des orangers. A paris, les vieux immeubles haussmanniens ne valent plus rien. La valeur d’un appartement est définie par la quantité d’énergie fournie par les panneaux solaires et la quantité de murs végétaux pour se protéger de la chaleur. Plusieurs transformations dans les villes ont été nécessaires, notamment le bannissement des voitures. Le Canada, quant à lui, a été défiguré par les mines à ciel ouvert. Lorsque le pétrole est devenu rare, les réserves naturelles ont été fermées afin d’en extraire les ressources naturelles. Les compagnies aériennes se sont débarrassées de leur flotte trop polluante. Les voyages se font le plus souvent en dirigeables à hydrogène, moyen de transport le plus économique et écologique. Maintenant que le mécanisme est enclenché, il faudra des milliers d’années pour inverser la tendance…

Plusieurs faits présentés dans cette fiction sont crédibles, notamment la multiplication des inondations, les réfugiés climatiques comptés en millions, les nombreuses guerres liées à l’eau, la destruction de la biodiversité et la modification des surfaces cultivables. Cependant, des aspects très importants sont absents. En premier lieu, on peut se demander où sont passés les problèmes d’épidémies, de famines et de surpopulation? Les villes devraient être surpeuplées et au lieu de cela, les appartements sont spacieux et semblent être aseptisés. Ces questions ne sont abordées à aucun moment. Il est également optimiste de croire que l’Europe sera épargnée par les guerres. Celles-ci se développeront, non seulement, pour l’accès à l’eau, mais également pour l’accès aux matières premières et ce, de façon planétaire. Un point dérangeant est l’exploitation du peuple africain. Il est à parier effectivement que ce peuple pâtira grandement du réchauffement, notamment avec l’avancée des déserts. Un grand nombre continuera donc à vouloir émigrer vers le nord. Cependant, nous pouvons espérer qu’il ne sera jamais exploité ainsi, tel du bétail.

Malgré ses nombreux défauts, ce docu-fiction a le mérite de faire réfléchir et de rappeler que nous nous dirigeons inexorablement vers l’avenir. Que celui-ci soit respectueux ou non de la planète, c’est à nous de le choisir aujourd’hui. Nous ne pourrons plus dire que nous n’avions pas imaginé les problèmes que le réchauffement climatique amènerait.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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