L’association Aves France profite de la dixième Journée mondiale pour sauver les ours pour fustiger les montreurs d’ours. Chaque année, environ 70 spectacles du genre sont donnés en France.

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Aves France milite contre les montreurs d’ours depuis 2005. Par exemple, les Poliakov exhibent l’ours Micha lors de leurs représentations en France. PHOTO//Christophe Coret

Sur le parvis de la fontaine Stravinsky à Paris, Daniel Jacob n’arrête pas. La journée mondiale pour sauver les ours est le moment idéal pour lui de faire entendre sa voix. Cet homme d’une cinquantaine d’années a fait le choix de consacrer son temps à la défense des animaux. Voilà pourquoi il a décidé de rejoindre deux associations, Animals Asia et Aves France. Créée en 2005, l’organisation tend à protéger « la nature et la faune sauvage d’intérêt général ».

Pour ce militant actif, l’une des plus grosses bêtes noires, ce sont les montreurs d’ours. Celui qui est « responsable du dossier captivité et des spectacles de montreurs d’ours » leur livre une guerre sans merci. Que ce soit dans les fêtes médiévales ou sur les marchés de Noël, le but est clair. Le souhait de Daniel est de sensibiliser les Français contre ces spectacles qu’il juge indignes. Dernier gros scandale en date, le marché de Noël de Hazebrouck dans le Nord. Une pétition pour protester contre l’arrivée de l’exhibition avait réuni, à l’initiative d’Aves France, plus de 37.000 signatures.

Des montreurs d’ours un peu véreux

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Les spectacles montrent des numéros étonnants et tournent les animaux en bêtes de foire. PHOTO//Mélanie Pavy

Une mise au point est nécessaire sur le sujet. La législation française n’interdit pas les spectacles comprenant des animaux sauvages. Ainsi, cirques et autres manifestations saltimbanques ne sont pas dans l’illégalité. Et ce n’est pas la loi qu’Aves France pointe du doigt, mais plutôt l’usage qui en est fait. « Les montreurs d’ours sont dans leur droit, mais c’est l’humiliation que les bêtes subissent qui est insupportable » précise Daniel Jacob. Un propos aussi partagé par Christophe Coret, le président d’Aves France. Ce dernier décrie l’état d’abattement dans lequel se retrouve ces mastodontes assujettis.

Les spectacles organisés par le couple Poliakov illustrent typiquement ce qui fait enrager Aves France. Ces montreurs d’ours sillonnent les routes avec Micha. Souvent, il se produit dans des conditions difficiles. Cage trop petite, animal muselé et mal hydraté, il y a de quoi inquiéter les défenseurs chevronnés de l’association. « Un ours n’a rien à faire sur un ballon ou sur une moto, ni en boîte de nuit » s’insurge Christophe Coret. L’allusion fait référence à une soirée dans une discothèque de Guipry-Messac en Bretagne, où la présence de Micha a provoqué la colère des internautes. « Suite à ce bad buzz, le patron de la Scala s’est engagé à ne plus faire appel à des montreurs d’ours dans son établissement » achève le directeur.

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Une action difficile à mener

Chaque année, environ 70 spectacles du genre sont donnés en France. « Ce qui est difficile pour nous, c’est que les montreurs d’ours ne communiquent pas forcément sur leurs spectacles », déplore Daniel Jacob. Alors, Aves France mise tout sur le bouche à oreille. Quand un spectacle est détecté, l’association s’adresse à la mairie et à la préfecture dans le but de le faire interdire. Mais pour cela, il faut savoir justifier du mauvais traitement infligé par les montreurs d’ours à leurs animaux. Et ce n’est pas chose aisée. « De plus, avant de lancer une procédure, nous devons vérifier que les informations que nous recevons sont bonnes » précise le membre. Et cela prend du temps. Vous souhaitez signaler un spectacle de montreur d’ours? Rendez-vous sur son site dédié.

Mais l’action d’Aves France ne se cantonne pas au territoire national. « Nous recherchons constamment des nouveaux financements pour étendre notre action » expliquent les deux hommes. Aves France établit des partenariats avec d’autres associations du monde entier pour protéger les ours partout. En témoignent les actions menées avec l’association Andean Bear Foundation, située en Équateur. Avec Animals Asia, Aves France s’implique aussi sur le territoire asiatique, pour sauvegarder l’ours malais. « Ces actions nous tiennent à cœur et pour les mener, il nous faut des dons » rappelle Christophe Coret. La touche d’espoir finale est donnée par Daniel Jacob. « Les gens sont sensibles au combat pour les ours, peut-être parce-qu’il rappelle l’ours en peluche de l’enfance » dit-il. L’homme est optimiste, et sait que sa croisade paiera.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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