La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a publié début mai un arrêté interdisant la reproduction en captivité et l’importation d’orques et de dauphins en France. L’interaction directe entre le public et les animaux marins sauvages est également interdite par le texte, mettant fin aux activités du type « nage avec les dauphins ». Une tribune de Peta France pour Natura-sciences.com.

peta dauphins

Action de PETA contre le Marineland d’Antibes le 10 juillet 2016. PHOTO//PETA France

C’est une merveilleuse nouvelle pour les futures générations de cétacés. Ils ne seront pas sacrifiés pour distraire des humains et vendre du mensonge aux enfants. Cela montre que la détermination du combat pour les animaux et des mouvements progressistes est récompensée.

C’est une victoire après plusieurs années de campagnes aux côtés des groupes locaux pour dénoncer les conditions de détention des prisonniers du Marineland d’Antibes. PETA avait récemment contacté le directeur du parc, Jon Kershaw, pour lui demander de renoncer définitivement à reproduire et importer de nouveaux cétacés. La direction du parc n’a désormais plus d’autre choix que de se rendre à l’évidence. La captivité est enfin reconnue officiellement comme une maltraitance.

Des cétacés forcés à vivre enfermés

Ces animaux sont intelligents et sensibles et ressentent le stress, la solitude et d’autres émotions au même titre que nous. Malgré cela, ils sont privés de nourriture pour les forcer à exécuter des numéros. Ils sont réduits à passer leur vie à l’étroit dans une « baignoire » malgré leur besoin de nager des centaines de kilomètres par jour. L’impossibilité de plonger en profondeur, comme ils pourraient le faire dans l’océan pour explorer et se rafraîchir, fait que leur peau les brûle. Dans certains parcs, les employés recouvrent les brûlures d’oxyde de zinc noir pour les cacher aux yeux du public. Ces animaux sont complémentés avec des cubes de gélatine de porc et des antibiotiques pour résister à leurs conditions de vie artificielles.

En captivité, l’espérance de vie des orques est trois fois moins longue que dans la nature. Les orques libres vivent en moyenne 30 à 60 ans. Et parfois jusqu’à 100 ans pour les femelles ! Mais la vie de leurs homologues captives se réduit en moyenne à 13 ans. Elles développent des maladies graves et parfois fatales dues à leur emprisonnement. Ainsi, huit orques sont mortes au Marineland d’Antibes, toutes de façon prématurées. Le dernier cas est celui de l’orque Valentin, mort d’une infection peu de temps après les inondations qui ont ravagé le parc en 2015. Probablement parce qu’il a été forcé de nager dans un bassin boueux, alors que le système de filtration avait été endommagé par l’inondation.

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Des comportements bouleversés

Les individus prisonniers des bassins ne peuvent échapper à des congénères agressifs. Des images récemment diffusées par l’association Sans Voix PACA montrent des animaux couverts de blessures et de morsures. D’autres ont les dents en piteux état car les animaux captifs exhibent parfois des comportements anormaux et répétitifs appelés « stéréotypies ». Cela les conduit à ronger les barreaux en acier de leurs bassins. Il leur arrive également de se jeter contre les parois.

Grâce aux images et enquêtes diffusées et aux actions organisées par des associations de protection animale, le grand public prend connaissance de cette cruauté. Et s’y oppose de plus en plus clairement. En effet, l’association Anti Parcs Marins note un désintérêt grandissant du public pour ce genre de parcs. Certainement grâce au documentaire Blackfish détaillant les maltraitances que subissent les orques aux parcs SeaWorld et Loro Parque. Il a été suivi par de nombreuses manifestations devant le Marineland d’Antibes. En 2016, ce parc a enregistré un résultat net de moins d’un million d’euro, contre 3,2 millions en 2015. Soit une baisse de 68,53% ! Cela confirme un réel boycott du parc de la part des visiteurs.

Une réelle avancée grâce à Ségolène Royal et aux associations

marineland delphinariums

Appel au boycott de Marineland par PETA

La situation avance donc dans le bon sens mais de nombreux animaux continuent malheureusement à souffrir dans les delphinariums de France. Y sont toujours emprisonnés une trentaine de dauphins, en plus des orques de Marineland. Parmi elles, Femke, une femelle dauphin en grande souffrance depuis que son petit lui a été retiré. Elle se laisse mourir au Parc Astérix, selon l’association One Voice.

Le gouvernement reconnaît désormais officiellement que la captivité de ces animaux est une pratique cruelle et dépassée. Cet arrêté est un pas immense pour le respect et la liberté de ces individus majestueux et à l’immense intelligence. Il prévoit notamment sous 3 ans l’agrandissement d’au moins 150 % de la surface des bassins où sont détenus les orques et les dauphins. Il interdit le chlore dans le traitement de l’eau et les contacts directs entre le public et les animaux. Mais aussi la reproduction, en captivité, des dauphins et des orques. Cependant, plutôt que de débourser des millions pour augmenter la taille de « prisons », les parcs feraient mieux d’investir cet argent dans des sanctuaires marins plus adaptés aux besoins de ces espèces. Et aussi plus aptes à montrer au grand public et aux enfants comment ces animaux évoluent dans leur milieu naturel.

À la suite de cette bonne nouvelle, nous continuons donc à œuvrer pour la libération de la génération d’orques et de dauphins toujours prisonniers de Marineland et des autres parcs. Contrairement à la célèbre orque Tilikum morte à SeaWorld il y a peu, nous voulons qu’ils finissent leurs jours dans des conditions de vie décentes et bien méritées après des années d’esclavage.

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Tribune d’Isabelle Goetz et Anissa Putois, pour PETA France

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