Planète à vendre. Réalisé par : Alexis Marant en 2010. 1h29. Note: 3/4

Planète à vendre. Réalisé par : Alexis Marant en 2010. 1h29. Note: 3/4

Plus de cinquante millions d’hectares de terres arables ont déjà changé de mains dans le monde. Et des dizaines de millions d’autres sont en voie d’être cédés. Depuis 2008, la flambée des prix alimentaires et les révoltes qu’elle a provoquées un peu partout dans les pays pauvres, conjuguée à la crise financière, ont accéléré le phénomène d’accaparement des terres agricoles. Les gouvernements qui dépendent majoritairement des importations pour nourrir leur population et qui craignent pour leur autosuffisance alimentaire, mais aussi les multinationales de l’agroalimentaire et les investisseurs internationaux des pays riches et émergents (Japon, Chine, Inde, et de nombreux pays du Golfe) se ruent sur les terres cultivables partout où elles sont à louer. Ces investisseurs cultivent ensuite sur ces terres pour exporter les productions dans leur pays. La troisième vague de délocalisation, après l’industrie et les services, a vu le jour.

Ces investissements se font dans ces pays comme le Soudan, le Sénégal, les Philippines ou le Pakistan, qui ont connu en 2008 des émeutes de la faim. Certains d’entre eux, comme le Cambodge ou l’Ethiopie bradent leurs terres alors qu’ils ont recours à l’aide internationale pour nourrir leurs peuples…En 2009, le Programme alimentaire mondial a fourni une aide à 13 millions d’Ethiopiens alors que le pays a largement assez de terres pour nourrir sa population. Pendant ce temps, le gouvernement brade les terres et expulse des villageois. L’Amérique du Sud est également concernée : Argentine, Brésil et Uruguay sont quelques exemples.

Planète à vendre enquête en Asie, en Afrique et en Amérique. Trois continents et trois cas emblématiques donnent une vision du grand Monopoly mondial en cours pour l’acquisition des terres agricoles. Les conséquences pourraient être dramatiques si rien n’est fait pour protéger les intérêts des petits paysans et des pays en développement. Il faut obtenir des garanties pour les populations locales et s’assurer que es investissements bénéficient au développement humain et ne se contentent pas d’enrichir les élites locales ou les multinationales.

Selon la FAO, il faudrait 30 milliards de dollars par an pour permettre aux petits paysans des pays pauvres de moderniser leur agriculture et éradiquer la faim dont ils sont les premières victimes. Mais les pays riches ne veulent plus aider. Ce montant ne représente que 2.5% du budget mondial de l’armement. C’est aussi ce qu’ont déjà dépensé les investisseurs pour prendre le contrôle de dizaines de millions d’hectares de terres et bâtir les fondations du nouvel ordre agricole mondial…

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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