Prêt à jeter. Réalisé par : Cosima Dannoritzer en 2010. 1h15. Note : 3/4

Prêt à jeter. Réalisé par : Cosima Dannoritzer en 2010. 1h15. Note : 3/4

Dès les années 1920, un concept redoutable voit le jour : l’obsolescence programmée. Il consiste à planifier la durée de vie des biens de consommation soit en ajoutant sciemment des défauts de conception, soit en poussant à la consommation de nouveaux produits présentant des innovations réelles ou perçues.

« Un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires », lisait-on en 1928 dans une revue spécialisée. Peu à peu, les ingénieurs sont incités à créer des produits qui s’usent plus vite pour accroître la consommation. Ainsi, plusieurs brevets d’ampoules ont été déposés dans la seconde moitié du XXe siècle. Certaines peuvent durer 100 000 heures, mais la majorité des ampoules commercialisées jusqu’à présent sont programmées pour durer seulement 1 000 heures. On est loin de cette ampoule installée dans une caserne de pompiers à Los Angeles qui a brillé sans interruption plus de cent ans !

Dans les années 1950, des bas en nylon ont été inventés : ils ne filaient pas. Les ventes diminuaient. Les producteurs ont trouvé la parade : changer la formule pour qu’ils s’abiment plus facilement et relancer ainsi la consommation. Prêt à jeter évoque également les batteries d’iPod développées par Apple. Dans la class action intentée à l’automne 2003, la société était accusée d’utiliser des batteries prévues pour ne durer que 18 mois et de ne pas proposer à ses clients un moyen de les changer. La class-action a été résolue en juin 2005 par un accord entre Apple et les plaignants qui ont reçu la somme de 50 $ de la part de l’entreprise… Un autre exemple est la programmation du nombre maximal d’impressions que peut faire une imprimante. Ce nombre est fixé par les ingénieurs, puis une puce comptabilise les impressions. Une fois le nombre atteint, l’imprimante ne fonctionne plus et doit être changée. La réparation coûte plus cher qu’un achat neuf, loi du marché oblige.

Dans l’Allemagne communiste de l’est, les normes officielles obligeaient les constructeurs de réfrigérateurs et de machines une durée de vie de 25 ans. Les ampoules étaient de longues durées. Mais les acheteurs occidentaux ont refusé ces produits pour garder leurs bénéfices.

Prêt à jeter se penche également sur le Ghana, où les déchets informatiques arrivent par conteneurs. Le peu de produits réparables sont réparés et vendus. Les produits défectueux sont en parti brûlés pour récupérer les métaux. Le reste est jeté dans des décharges illégales.

Ce documentaire est révoltant et pousse le téléspectateur à l’indignation. Il ne faut cependant pas oublier que nous sommes tous responsables. Nous voulons toujours des produits moins chers, la qualité et les modes de production en pâtissent… Nous recherchons également constamment le dernier téléphone portable, quand bien même nous en avons en parfait état de marche dans nos tiroirs ! On nous vente aujourd’hui les mérites du développement durable avec l’éco-participation et les analyses de consommation d’énergie…à quand la fin de l’obsolescence programmée ?

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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