Auteur : Bertrand Guillaume et Valéry Laramée de Tannenberg Editeur : Armand Colin.  176 p. Date de parution : 04/04/2012 Prix indicatif : 25 €

Dans Scénarios d’avenir, Futurs possibles du climat et de la technologie, les auteurs étudient différents scénarios pour répondre au défi du changement climatique. Dans une première partie, les auteurs reviennent sur les causes et les observations de ce changement. Après un bref historique relatant l’émergence du consensus sur le changement climatique, ils relatent la naissance du GIEC et  l’étape importante du Sommet de la Terre. Ils dressent ensuite un bilan des émissions de gaz à effet de serre et de l’évolution des émissions anthropiques avant d’étudier les différents scénarios d’avenir de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Pour contrer le réchauffement, l’humanité est devant un choix à double entrées : diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre ou parier sur la géoingénierie.

La deuxième partie est consacrée à la géoingénierie et à ses dangers. La première technique présentée consiste à saupoudrer la haute atmosphère de particules microscopiques afin de diffracter les rayons du soleil et de renvoyer leur chaleur dans l’espace. Bien que l’idée puisse paraître alléchante sur le papier, des chercheurs ont montré que cette technique pouvait mener à un déficit mondial de pluviométrie, avec des conséquences dramatiques sur la production alimentaire, notamment au niveau régional. La couche d’ozone devrait également s’amoindrir et les pluies acides augmenter. Ce procédé ne combat pas l’acidification continue des océans puisqu’il ne s’en prend pas aux causes. Il ne règle donc pas l’ensemble du problème. En outre, ce procédé nécessite l’injection de quantités croissantes d’aérosols et une utilisation continue sur le long terme au niveau planétaire, sans panne possible du système de régulation.

D’autres pistes sont étudiées : ferruginer la mer, décolorer les villes ou soustraire du CO2 de l’atmosphère. Pour chacune, les auteurs étudient les performances réelles, les dangers, les coûts économiques prohibitifs et les émissions cachées. Ainsi, un rapport du PNUE de 2009 synthétise les résultats de 20 ans de recherches sur la fertilisation des mers grâce au fer, au phosphore ou à l’azote. Celle-ci ne donne naissance à du phytoplancton que pour un court laps de temps et seulement dans le zones marines déficitaires en fer ou en nitrate. Pour décolorer les villes, il faut prendre en considération qu’une tonne de peinture occasionne l’émission d’environ 2,5 à 3 tonnes de CO2, nécessite du dioxyde de titane et des solvants en quantité. Ceci pourrait coûter 550 milliards par an en tenant compte de la main d’œuvre.

Les auteurs préfèrent à ces solutions la révolution énergétique, le retour à la terre, l’essor des énergies renouvelables, l’habitat positif, la mutation des transports et la capture et séquestration du carbone malgré des techniques qui ne sont pas encore toutes matures. La raison, la prudence et l’éthique nous invitent à miser sur ce scénario alternatif, mais l’effort ne peut plus tarder pour amorcer cette transition énergétique. Plus nous attendons, plus les efforts à fournir seront difficiles et chers. « Sur le plan politique, s’il est juste de remarquer que les politiques d’atténuation ont failli, il est très aventureux d’imaginer que des négociations entre Etats autour de la géoingénierie seraient plus évidentes ! Au contraire, ce type d’options pourrait violer des traités existants… De même, une réduction unilatérale des GES ne poserait sûrement de problème à personne, alors qu’une initiative de géoingénierie du même ordre en poserait sans doute à tout le monde, jusqu’à devenir potentiellement une source de conflits. », soulignent les auteurs.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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  • Alona

    Article très intéressant où pour une fois j’apprends de nouvelles choses. Je suis intéressé de lire ce bouquin une fois que j’aurai un peu plus de temps pour moi. Il est vrai que la seconde méthode pose beaucoup d’interrogations. Ce qui me fait peur c’est que les solutions d’aujourd’hui sont les problèmes de demain. Les procédé très techniques qui consistent à modifier le cours de la nature plutôt que modifier les modes de vies humains ont des effets plutôt méconnues et risquent de provoquer des surprises (certaines sont déja évoqué dans cet article…). Je pense que c’est à nous de faire des effort. C’est assez paradoxal dans le monde certains continuent à utiliser des procédés qui sont très polluants (extraction de sable par exemple) et qui ne respectent pas l’environnement alors que d’autres cherchent des solutions et investissent beaucoup d’argent pour réparer les dégâts. J’ai l’impression d’un double discours. Je me demande si un jour nous parlerons tous d’une même voix en faveur de l’environnement… Quand j’étais jeune je portais des t-shirt « no futur » sans trop y croire. Maintenant je n’en porte plus pourtant c’est ce que je ressent de plus en plus.