The End of the Line, L’océan en voie d’épuisement. Réalisé par : Rupert Murray en 2009. 1h23. Note : 3/4

The End of the Line, L’océan en voie d’épuisement est un documentaire clair et complet qui résume parfaitement la problématique de la surpêche. Effondrement des stocks, surcapacité de la flotte mondiale, destruction des fonds marins, non respect des quotas, perturbation des écosystèmes par effet domino, trop faible étendue des réserves marines, millions de tonnes de prises accessoires rejetées à l’eau mortes, menaces pesant sur les pêcheurs traditionnels qui ne peuvent pas concurrencer, rien n’est passé sous silence. Certains problèmes liés à l’aquaculture sont également évoqués.

Direction Terre-Neuve au Canada. La morue y était abondante depuis des siècles, mais à la fin du XXe siècle, plus de 40 000 personnes ont perdu leur emploi suite à l’effondrement des stocks. L’espèce est en voie de disparition dans le pays, les stocks ne s’étant jamais reconstitués malgré le moratoire en vigueur depuis 1992. Suite à cette disparition, en l’absence de prédateurs, la population de homard a explosé. Les pêcheurs exploitent ce nouveau filon. Qu’adviendra-t-il lorsque tous ces homards auront été pêchés ? Dans d’autres parties des océans, ce sont les invasions de méduses qui se multiplient suite à l’effondrement des prédateurs. Les scientifiques observent une simplification des écosystèmes dans tous les endroits surexploités. Ils prédisent un épuisement total des stocks d’ici 2048 si l’on ne met pas en place rapidement une pêche durable.

Les prises de thon rouge par les pêcheurs traditionnels ont diminuées de 80 %. Le quota recommandé pour empêcher l’effondrement est de 15 000 tonnes, celui pour assurer le renouvellement des populations est de 10 000 tonnes. Face à cela, le quota de l’ICCAT est fixé à 29 500 tonnes, les prises réelles s’élevant à 61 000 tonnes… Les prises illégales non déclarées et hors quota s’élèvent à environ 20 milliards d’euros, on comprend donc aisément les intérêts financiers des braconniers. Autant dire, que le thon rouge  est bien parti pour être pêché jusqu’à son extinction sous les yeux des médias.

Alors, que faire ? The End of the Line invite bien évidemment à diminuer les taux d’exploitation des stocks et à choisir des labels de pêche durable comme le MSC. Il faut également constituer un réseau de réserves marines où la pêche commerciale serait totalement interdite. Protéger de la sorte entre 20 et 30% des océans au lieu des 0,6 % actuels coûterait environ 10 milliards d’euros. Cela pourrait être facilement financé en réorientant les 10 à 20 milliards de subventions versées aux pêcheurs chaque année et qui encouragent la surpêche. Une solution est également de revoir le concept de pisciculture qui tue plus de poissons qu’elle n’en produit. En effet, 40 % du poisson pêché en mer finit en farine de poisson qui va alimenter les poissons carnivores de la pisciculture et certains animaux terrestres d’élevage. Ainsi, plus il y a de poissons de pisciculture, moins il  y a de poissons en mer, c’est une contradiction flagrante. De fait, il faut en moyenne 5 kilogrammes d’anchois pour produire 1 kg de saumon. Une piste pour protéger les stocks serait donc de manger directement des petits poissons plutôt que du saumon.

Des centaines de millions de personnes vivent de la pêche. Si rien n’est fait, elles perdront leur emploi année après année. Il faut donc construire une vision de long-terme plutôt que de rester sur une logique de profit à court-terme.

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