La question de la sécurité des boissons énergisantes est suivie par l’Anses depuis de nombreuses années. L’Agence recueille, à ce titre, dans le cadre du dispositif de nutrivigilance les effets indésirables suspectés d’être liés à la consommation de ces produits. Récemment plusieurs cas ont ainsi été rapportés à l’Anses, notamment lors de consommation de ces boissons en association avec de l’alcool. L’Agence invite les particuliers qui, suite à la consommation de ces boissons, auraient ressenti des effets indésirables à se rapprocher de professionnels de santé pour que ceux-ci transmettent à l’Anses – via le dispositif de nutrivigilance – les cas qui seraient portés à leur connaissance.

La consommation de boissons énergisantes peut engendre des risques selon l’Anses. © Jason Swaby

Le terme « boissons énergisantes » n’est pas encadré réglementairement. Il regroupe des boissons censées « mobiliser l’énergie » en stimulant le système nerveux et contenant généralement des ingrédients supposés « stimulants » tels que taurine, caféine, guarana, ginseng, vitamines…

Saisie à plusieurs reprises dans le passé pour évaluer l’innocuité et l’intérêt nutritionnel de l’une de ces boissons, l’Agence a attiré l’attention sur le fait que certains modes de consommation courants de ces boissons (activité sportive, consommation en mélange avec de l’alcool) pourraient être associés à des risques cardio-vasculaires lors d’exercices physiques intenses et de perception amoindrie des effets liés à l’alcool.

Des travaux actuellement menés par l’Agence et à publier à l’automne prochain, montrent à la fois que la consommation de ces produits en lien avec une activité sportive est en augmentation et que 27 % des consommateurs de moins de 35 ans associent, au moins de temps en temps, ces produits à de l’alcool.

Par ailleurs, dans le cadre de son dispositif de nutrivigilance, l’Agence a récemment reçu plusieurs signalements d’effets indésirables suspectés d’être liés à la consommation de boissons énergisantes, dont deux cas mortels.

Pour explorer plus précisément les éventuels risques liés à la consommation de boissons énergisantes (notamment en lien avec la consommation d’alcool ou la pratique d’une activité sportive), l’Agence invite les consommateurs à faire part à un professionnel de santé de tout effet indésirable suspecté d’être lié à la consommation de boissons énergisantes. L’Agence appelle les professionnels de santé à lui communiquer les cas qui seraient portés à leur connaissance via le formulaire de nutrivigilance disponible à l’adresse www.ansespro.fr/nutrivigilance.

Plus généralement, l’Anses rappelle que ces boissons sont réservées à l’adulte et déconseillées aux femmes enceintes, qu’elles doivent être consommées avec modération et que contrairement aux boissons énergétiques, la consommation de boissons énergisantes n’est pas adaptée à la pratique d’une activité physique intense.

Qu’est-ce que le dispositif de nutrivigilance de l’Anses ?

Mis en place fin 2009 en application de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires, le dispositif de nutrivigilance a pour objectif de collecter et d’analyser les effets indésirables des aliments enrichis (auxquels appartiennent les boissons énergisantes), les compléments alimentaires, les nouveaux aliments et les denrées destinées à des alimentations particulières.

Il s’agit d’un dispositif innovant et unique en Europe, initialement créé pour mettre sous surveillance les produits alimentaires préoccupants, non couverts par d’autres systèmes de vigilance (ex. plantes médicinales ou exotiques consommées dans des compléments alimentaires, non couverts par la pharmacovigilance).

Le dispositif a fait l’objet d’une phase pilote en 2010 et 2011 qui a permis de collecter 192 signalements d’effets indésirables. Cette phase a laissé la place en 2012 à un dispositif muri, à la fois plus opérationnel et plus réactif.

Auteur : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Communiqué de presse

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