La Commission des Affaires sociales (CAS) du Sénat a repoussé à 2015 l’échéance de la loi visant à interdire le Bisphénol A dans les contenants alimentaires. Dans un communiqué, les associations de protection de l’environnement et de la santé environnementale appellent le gouvernement et les sénateurs à ne pas suivre cette décision qu’ils qualifient d’ « absurde » et de revenir à l’échéance originale de 2013.Cette loi doit être discutée au Sénat le 9 octobre en séance publique.

Organisations environnementales signataires du communiqué

Organisations environnementales signataires du communiqué dénonçant le projet de report de l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires à 2015.

L’échéance du 1er janvier 2013 est conservée pour l’interdiction des produits destinés aux moins de trois ans. En revanche, l’interdiction qui visait à proscrire le bisphénol A de tous les contenants alimentaires devrait être repoussée à 2015.

Rappelant le risque de l’exposition in utero des fœtus à travers l’exposition de la mère, certaines associations environnementales se sont regroupées pour clamer qu’ « il faut donc agir d’urgence sur la contamination des parents – une année de perdue, c’est 830 000 enfants de plus qui seront exposés dans le ventre maternel ». « On s’explique mal, d’ailleurs, pourquoi le marché serait prêt à relever la 1ère échéance d’ici 3 mois et pas la seconde dans 15 mois », s’interroge-t-elles dans le communiqué.

Il est vrai que des alternatives existent et que leur toxicité est en cours d’évaluation. L’Anses a d’ailleurs publié une liste de matériaux qui font tous l’objet d’applications commerciales et travaille actuellement sur les alternatives. A partir de ce constat, leur appel est sans concession « Nous appelons le gouvernement et les sénateurs de la majorité et de l’opposition à adopter le 9 octobre prochain la loi avec son échéance original, comme les députés l’ont souhaité toutes tendances confondues en octobre 2011. Les 830 000 enfants qui vont naître en 2014 ne doivent pas subir les conséquences du retard pris par le calendrier parlementaire. C’est le rôle de la loi BPA de les protéger sans délai », conclue le communiqué

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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