Originaire des régions les plus désertiques de l’Afrique australe, l’harpagophytum est une plante à fleur mauve et aux racines rampantes. Ces dernières connaissent depuis quelques années un succès grandissant. En tant qu’anti-inflammatoire pour les articulations/contre l’arthrose et les autres inflammations, il fait des adeptes, au moment où tout un chacun se plaint de douleurs. De quoi faire de l’harpagophytum, autrement appelée « griffe du diable », le nouveau remède phytothérapeutique à la mode.

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L’harpagophytum est le nouvel anti-inflammatoire à la mode de la phytothérapie. PHOTO//Picssr.com

Appelée griffe du diable à cause de la forme longue et crochue des deux parties qui composent son fruit noir, l’harpagophytum semble plutôt être actuellement béni des dieux de la phytothérapie et des hommes. Cette plante qui pousse notamment dans le désert du Kalahari en Namibie séduit grâce à ses vertus médicinales. Arthrose, arthrite ou pathologies articulaires, que celui qui ne les a jamais connus jette la première pierre.

Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les Français consomment 48 boîtes de médicaments par an. De quoi favoriser la lassitude des quidams qui n’en peuvent plus d’absorber quotidiennement des substances chimiques. Voilà comment expliquer le succès grandissant de l’harpagophytum. « Les populations naturelles d’harpagophytum sont surexploitées depuis une vingtaine, une trentaine d’années. Mais heureusement depuis quelques années, on arrive à pouvoir faire des fermes d’élevage où l’harpagophytum est cultivé à très grande échelle » indique Olivier Escuder, botaniste au muséum national d’histoire naturelle de Paris dans l’émission de France 5 Allodocteurs.  Une plante devenue industrielle donc.

L’harpagophytum, pourquoi, comment ?

« La plupart du temps on l’utilise en poudre que l’on dilue dans de l’eau. On en fait en quelque sorte des cataplasmes. Mais on peut aussi l’utiliser en usage interne, en tisane ou en décoction » détaille Olivier Escuder. Présenté de la sorte, l’harpagophytum semble avoir des pouvoirs magiques. Chaque année, ce sont 1000 tonnes de racines séchées d’harpagophytum qui sont cultivées. C’est là que sont renfermés les principes actifs aux vertus médicinales. À la digestion, une molécule active nommée aucubinine B est libérée dans l’organisme. Selon une publication scientifique datée de 1999, cette dernière serait à l’origine du soulagement des douleurs.

Ainsi, la griffe du diable, de la même famille que le sésame, n’est pas de la poudre de perlimpinpin. La pharmacopée reconnaît que l’harpagophytum n’est pas un placebo. Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’efficacité de l’harpagophytum est « cliniquement avérée dans le traitement des douleurs liées aux rhumatismes ». Notons cependant que si la plante est utile dans le cas d’une tendinite, elle devient tout à fait inutile en cas de crampe musculaire. En fait, l’harpagophytum lutte contre l’inflammation qui risque d’altérer le cartilage et de créer de l’arthrose.

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Pour tout le monde et sans danger l’harpagophytum ?

Conseillé aux sportifs, l’harpagophytum l’est aussi pour un autre public. La griffe du diable a montré les bienfaits qu’elle pouvait avoir sur les quinquagénaires. Les adeptes potentiels de cette plante est longue : notamment bricoleurs, personnes en surpoids, ou encore victimes de troubles articulaires. Les études scientifiques ont montré qu’après consommation d’harpagophytum en gélule ou en tisane, les bénéfices étaient réels. Les mouvements se font plus amples et plus fluides, et les articulations deviennent plus souples. Mais cela n’est possible que si la consommation est régulière et à heures fixes. Une amélioration de la santé des patients se remarque bien dès 2 ou 3 mois de cure.

Bonne nouvelle, les risques liés à la consommation d’harpagophytum sont très limités. Cependant, il est conseillé aux personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires de consulter leur médecin avant de commencer une cure. Les personnes souffrant de problèmes de l’estomac doivent également être vigilants. Enfin, l’harpagophytum ne convient pas non plus aux femmes enceintes ou allaitantes.

Pour aller plus loin : harpagophytum.info/

Auteur : Chaymaa DEB, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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