Les dioxines ont été rendues célèbres par la triste catastrophe de Seveso. Extrêmement toxiques, ce sont des polluants organiques persistants.

dioxines

Les dioxines peuvent se retrouver dans l’environnement par l’intermédiaire de plusieurs sources. Foto: ZB/DPA

Les polychlorodibenzo-p-dioxines (PCDD), aussi appelés dioxines, constituent un groupe comprenant 75 isomères distincts. Sous cette appellation, d’autres familles de molécules aux propriétés en commun avec les PCDD sont regroupées : Les Furanes ou PCDF et une partie des PCB, appelés dioxin-like. Ces molécules sont très stables ; d’autant plus que le nombre d’atomes de chlore est important. Cette stabilité explique la difficulté à les dégrader.

Les dioxines peuvent se retrouver dans l’environnement par l’intermédiaire de plusieurs sources. Les émissions de dioxines sont principalement dues à l’industrie chimique et aux procédés thermiques et de combustion. Ainsi, des dioxines sont émises par les incinérateurs des déchets, les moteurs à explosions, la combustion de bois, l’industrie métallurgique, les traitements thermiques et les rejets d’usines chimiques et de papeteries. Les dioxines ont également été identifiées sur de nombreux sites de déchets dangereux.

Les dioxines sont détectés dans les sédiments, les sols, et dans les tissues adipeux de nombreux animaux.

De nombreux effets sur l’appareil reproducteur

De nombreux effets sont associés aux dioxines. Ceux-ci incluent les lésions cutanées (chloracné), les cancers de l’estomac, des petits sarcomes, des lymphomes, des effets sur le système immunitaire et des effets neurologiques.

L’exposition aux dioxines semble être responsable, en partie, de la baisse de la qualité du sperme constatée depuis quelques décennies. Le nombre de spermatozoïdes baisse, leur mobilité diminue. D’autres polluants ont des effets semblables : PCB, phtalates, pesticides organochlorés, etc.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) distingue quatre groupes de composés ou facteurs physiques sur base des données scientifiques existantes: Groupe 1 (Cancérogène pour l’homme), Groupe 2A (Probablement cancérogène pour l’homme), Groupe 2B (Peut-être cancérogène pour l’homme), Groupe 3 (ne peut pas être classé quant à sa cancérogénicité pour l’homme) et Groupe 4 (probablement non cancérogène pour l’homme). En 1997, le 2,3,7,8 TCDD a été classé dans le groupe 1, sur la base de preuves limitées chez l’humains, des preuves suffisantes pour les expérimentations animales, et des informations indiquant que le TCDD agit par un mécanisme impliquant le récepteur, dit des hydrocarbures aromatiques, présent à la fois chez les hommes et les animaux. L’évaluation précédente classait le produit dans le groupe 2B.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

Références

[1] KAO, C.M., et al. Evaluation of TCDD biodegradability under different redox conditions. Chemosphere, 2001, Vol.44, N°.6, p.1447-1454

[2] ORAZIO, C.E., et al. Persistance of chlorinated dioxins and furans in the soil environnement. Chemosphere, 1992, Vol.25, N°7-10, p. 1469-1474


La rédaction vous conseille aussi :