De nombreuses études scientifiques démontrent l’innocuité du nouveau compteur électrique Linky. Malgré tout, ses détracteurs continuent d’affirmer que ses ondes sont dangereuses. Qu’en est-il réellement?

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Le compteur Linky équipera bientôt tous les foyers français. Les dangers dénoncés ont-ils lieu d’être? PHOTO//DR

Après une journée de travail, rien de mieux qu’un moment de détente. Vous souhaitez écouter de la musique sur votre smartphone relié à une enceinte bluetooth ? A priori pas de problème, à condition d’avoir une application qui permet d’accéder à des contenus musicaux. Et à condition d’avoir une connexion Internet grâce à une borne wifi. Vous préférerez peut-être vous mettre directement au lit pour regarder le film du soir à la télévision. Là non plus, aucun problème. Encore faut-il, pour une sérénité maximum, avoir activé au préalable le baby-phone dans la chambre du bébé. Et avoir réglé son radio-réveil pour le lendemain matin.

Voilà ce à quoi peut ressembler la soirée type d’un grand nombre de Français. Pour autant, ils ne se doutent pas – ou ne s’en plaignent pas, tout du moins – que, ce faisant, ils ont été en contact durant plusieurs heures avec des ondes électromagnétiques. Celles-ci sont émises par tous les appareils électriques ménagers. Ils ne doutent pas non plus qu’ils ont été traversés par des ondes radio naviguant entre les différents appareils informatiques. Il faudra bientôt ajouter à tous ces appareils, le nouveau compteur électrique Linky d’Enedis (ex-ERDF). Il s’installe progressivement depuis décembre 2015, chez les 35 millions de foyers tricolores.

Un niveau d’exposition très faible

Baptisé « Linky », le boîtier est dit « communicant », c’est-à-dire qu’il peut transmettre à un concentrateur – puis au système d’information d’Enedis – l’état de la consommation électrique de tous les foyers. Ceci en ayant recours, comme tout appareil électroménager, au courant porteur en ligne (CPL). Ce compteur est censé permettre, à terme, une meilleure insertion des énergies renouvelables dans le réseau. Il permettra également aux clients de réduire leur facture, basée désormais sur la consommation réelle. Sur le papier, tout semble promettre Linky à un bel avenir. Pourtant, il fait face depuis son lancement à une levée de boucliers.

Pour quel motif ce compteur est-il autant détesté par les associations? Les ondes émises par le compteur nouvelle génération seraient nocives pour la santé. Et ce, notamment pour celle des personnes dites « électrosensibles ». Début décembre 2017, le média en ligne Reporterre a par exemple publié le témoignage d’une étudiante en mathématiques, dont le quotidien est « troublé » par le boîtier d’Enedis. « Des maux de tête affreux, une sorte d’oppression au niveau du cœur, je n’arrivais plus à parler, […] je me suis dit qu’il y avait un problème sans comprendre ce qui se passait » explique Mathilde, qui déclare avoir été obligée de quitter le domicile de ses parents après l’installation de Linky dans leur quartier.
Pas sûr, toutefois, que le compteur soit le véritable fautif. En juin dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait démontré « la faible probabilité d’effet sanitaire à court ou long terme dans la configuration de déploiement actuelle [du compteur Linky] », avec des mesures précises à la clé. Résultat : le niveau d’exposition aux ondes électromagnétiques induit par l’installation des compteurs était compris entre 0,1 et 0,2 volt par mètre, soit bien inférieur à celui de nombreux appareils électroménagers – comme un radioréveil voire même un baby-phone.

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Des propos qui se veulent rassurants

De son côté, l’Agence nationale des fréquences (ANFR), chargée de contrôler l’utilisation du domaine public des fréquences radioélectriques, effectue régulièrement des mesures pour s’assurer que Linky ne dépasse pas la valeur limite réglementaire d’exposition – fixée à 87 V/m, tout comme les plaques à induction par exemple. Et à 50 centimètres, l’ANFR a mesuré cette valeur d’exposition à 0,1 V/m, soit moins de 1 % du plafond autorisé. Soit dit en passant, le compteur est généralement placé dans une zone éloignée des passages quotidiens, donc il semble peu probable d’être exposé à des distances inférieures.

À titre de comparaison, le rayonnement d’un four à micro-ondes, à pareille distance, a été mesuré à 3,1 V/m. Celui d’une box wifi s’élève à 2,8 V/m, celui d’un smartphone, lors d’un appel vocal, à 4 V/m . Enfin, le rayonnement d’une enceinte bluetooth entre 0,2 et 0,3 V/m.

Des dangers pour les personnes électrosensibles ?

Le témoignage récent de quatre médecins est venu battre en brèche l’argument sanitaire de quelques collectifs anti-Linky très actifs ces derniers temps. Le 2 décembre dernier, les docteurs Thierry Sarrazin, Martine Souques, Leena Korpinen et Jacques Lambrozo ont publié un article dans le Journal international de médecine (JIM) dans lequel ils remettent en cause l’existence même d’une intolérance aux champs électromagnétiques. « Il n’y a pas de données suggérant que l’exposition à ces courants transitoires haute-fréquence puisse affecter la santé » selon eux.

Beaucoup voient d’ailleurs dans la succession d’études scientifiques favorables au boîtier – il y en aurait plus de 300 – la nécessité de « dépassionner » le débat. Il y a quelques jours, c’est à l’occasion d’une table ronde organisée à l’Assemblée nationale autour des différentes questions relatives aux compteurs communicants que l’ANFR a ainsi rappelé que, selon ses mesures, Linky ne présentait aucun danger. Même le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, pourtant opposé à Linky il y a quelques années, s’est logiquement incliné devant toutes ces preuves scientifiques et s’est prononcé en faveur du compteur.

Auteur : Lisa Benhamou, étudiante en Master Gestion des risques, santé, sécurité, environnement, contribution bénévole

Avertissement: cet article est une contribution bénévole et ne reflète pas forcément la position de la rédaction. 


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