Selon la mise à jour de l’évaluation « Radiofréquences et santé » de l’Anses, aucun effet sanitaire causé par les radiofréquences (ondes radios) émises par les téléphones portables, antennes relais et les bornes WiFi n’est avéré sur l’Homme ou l’animal. L’agence recommande toutefois d’améliorer la documentation des expositions environnementales et des nouveaux usages.

radiofréquences anses

Sur le long-terme, l’utilisation du téléphone portable pendant plus de 30 minutes par jour , sans kit main libre, pourrait augmenter le risque de tumeur cérébrale.

Selon la mise à jour de l’expertise de l’Anses sur les risques liés à l’exposition aux ondes des téléphones portables et autres appareils mobiles, les radiofréquences ne feraient courir aucun risque avéré à l’Homme ou à l’animal. Ce rapport met néanmoins en garde les utilisateurs intensifs de téléphone portable téléphonant plus de 30 minutes par jour, sans kit main libre, pendant 25 ans, contre un risque de tumeur cérébrale, jugé toutefois limité.

L’Anses reconnait que son évaluation des risques n’a pas pu évaluer tous les risques, plusieurs expositions ou risques n’ayant pas fait l’objet d’assez de travaux scientifiques. Certains effets sont toujours recherchés. « Ce sont des effets pour lesquels on n’est pas capable d’identifier un lien entre ces effets biologiques et des effets sanitaires, c’est-à-dire des pathologies associées », affirme Dominique Gombert, Directeur de l’évaluation des risques de l’Anses. Ils concernent le sommeil, la fertilité mâle, les performances cognitives et des mécanismes cellulaires.

L’exposition environnementale aux radiofréquences n’est pas assez documentée !

Tablettes, Smartphones, 4G, appareils communicants… les technologies sans fil utilisant les radiofréquences se développent rapidement ! Les nouveaux émetteurs fixes associés sont susceptibles d’augmenter l’exposition de la population générale et la multiplication des nouveaux équipements sont susceptibles d’augmenter celle des utilisateurs. Ces équipements vont du téléphone sans fil aux ampoules fluocompactes, en passant par l’ordinateur, la box wifi, les plaques à induction et le développement de la domotique pour permettre des économies d’énergie dans les bâtiments intelligents.

Les expositions environnementales ayant été mesurées par le Comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile (Copic) montrent une exposition se situant dans la plupart des cas entre 0,3 et 2 V/m, lorsque la réglementation fixe un niveau à ne pas dépasser situé entre 28 et 61 V/m. C’est donc bien l’usage du téléphone portable qui fait courir le plus grand risque aujourd’hui. L’Anses note toutefois que les effets des multi-expositions environnementales sont trop faiblement documentés. « Face à la multiplication des sources d’émissions souvent individuellement faibles, nous préconisons que soient réalisées un certain nombre de campagnes de mesures en intérieur et en extérieur de l’exposition cumulée de ces différentes sources pour mieux documenter la réalité des expositions », explique Marc Mortureux, directeur de l’Anses. L’agence recommande également de développer des études épidémiologiques, pour avoir une caractérisation beaucoup plus précise de l’exposition de la population.

De même, l’impact potentiel des protocoles de communication mis en œuvre (2G, 3G, 4G) est insuffisamment documenté. « Avec le passage à la 4G, est-ce qu’on ne va pas se retrouver avec une augmentation des expositions pendant ce passage, en attendant que les autres technologies disparaissent ? » s’interroge Martine Hours, la présidente du Comité d’expert spécialisé en charge du rapport.

Une modification des comportements à prendre en compte

L’influence des technologies sur les comportements pourrait finalement nous faire courir le plus grand risque. Causé par l’addiction au téléphone portable et à Internet, le bouleversement du sommeil pourrait faire courir plusieurs risques sanitaires. Pour cette raison, le rapport recommande que « l’impact des usages des nouvelles technologies sans fil sur le stress, la fatigue, le syndrome du burn-out, l’addiction, etc. soit étudié plus avant ». L’Anses veut aussi développer les recherches sur les nouveaux usages des Smartphones et des tablettes pour comprendre les expositions qui ne se font pas forcément au niveau de la tête. Ces expositions devraient considérablement se développer. En effet, dans une étude publiée en juin 2012, Ericsson prévoit que le trafic Internet sur les réseaux mobiles sera multiplié par 15 au niveau mondial entre 2011 et 2017. À cet horizon, le trafic « voix » devrait représenter moins de 5 % du trafic total sur les réseaux mobiles, questionnant sur les risques liés à 95 % des usages !

« C’est par la maîtrise de l’exposition que l’on peut contrôler un risque s’il est avéré que ce risque existe réellement ; on n’a pas à attendre que ce risque soit réellement démontré pour faire une prévention et contrôler l’exposition », note Martine Hours. Pour cette raison, l’agence recommande notamment que  tous les dispositifs courants émetteurs de champs électromagnétiques destinés à être utilisés près du corps (téléphones DECT, tablettes tactiles, veille-bébé, etc.) fassent l’objet de l’affichage du niveau d’exposition maximal engendré (DAS par exemple), comme cela est déjà le cas pour les téléphones portables. En attendant, elle conseille toujours d’utiliser un kit main-libre, de privilégier les DAS les plus faibles et de limiter l’usage des téléphones portables par les enfants.

Dès la fin de l’année, l’Anses va par ailleurs approfondir le travail concernant les électro-sensibles, ces personnes intolérantes aux ondes. Elle rendra également un rapport sur l’exposition des enfants début 2014.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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