75 % des produits bio consommés en France sont désormais produits en France. Sur quels produits, la production suffit-elle à répondre à la demande actuelle ? Lesquels importe-t-on encore ? Lesquels exporte-t-on ?

importations bio

Seulement 66 % des fruits et légumes bio consommés en France ont été produits sur le territoire. PHOTO//DR

Les importations de produits bio sont passées de 38 % en 2009, à 32 % en 2011, avant d’atteindre 25 % en 2012. Pour les viandes, les œufs et le vin bio, presque 100 % des produits consommés en France sont produits sur le territoire, selon les chiffres de l’Agence bio. Le lait et les produits laitiers tiennent également une bonne place, avec respectivement 91 % et 93 % des produits bio consommés d’origine France. Le pain et la farine ne s’en sortent pas mal non plus avec 91 % de « made in France ».

Les produits qui s’en sortent plus mal sont les fruits et légumes produits à 66 % dans le pays, les surgelés à 61 %, les boissons végétales à 53 % et l’épicerie salée et sucrée avec, respectivement 50 % et 46 % de la consommation produite en France. Enfin, les deux produits les plus importés sont les jus de fruits et de légumes et les produits marins avec seulement 20 % et 23 % de production française.

Au final, la France se distingue en bio par ses filières avicoles bio qui sont les plus développées de l’Union Européenne. Elle y tient aussi la deuxième place pour les oléagineux bio, le vin et son troupeau de vaches allaitantes.

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Jusqu’où diminuer les importations en bio ?

Parmi les 25 % d’importations, on retrouve 10 % de produits « exotiques » non cultivés sur notre territoire : quinoa, ananas, café, thé, cacao etc. D’autre part, 5 % sont des produits pour l’heure peu disponibles en France pour lesquels il faut augmenter l’offre : riz, soja, agrumes, aquaculture etc. Enfin, 10 % sont des produits achetés dans d’autres pays, mais dont l’offre française est déjà développée : fruits et légumes « discount », pâtes, produits laitiers, etc. Grâce au développement de la production française, il serait donc encore possible de diminuer les importations de 10 à 15 %.

Pendant ce temps, les exportations bio augmentent

Entre 2011 et 2012, les exportations ont augmenté de 62 %, portant les ventes au stade de gros de 192 millions d’euros à 309 millions d’euros, soit 8 % du chiffre d’affaires du secteur. « Les terroirs bio de France font l’objet d’un intérêt chez nos voisins », explique Elisabeth Mercier, Directrice de l’Agence bio.

Les exportations sont très majoritairement des vins bio (58 %), des spécialisations des secteurs de l’épicerie (18 %) et des fruits et légumes (13 %). Par exemple, des choux et des choux-fleurs de Bretagne sont vendus en Europe du Nord et des salades du Languedoc sont vendues en Allemagne. « Les biscuitiers français vendent 30 à 40 % de leurs biscuits à l’étranger, car la qualité France est reconnue », affirme Elisabeth Mercier. Des flux d’exportations de produits laitiers biologiques tendent également à se développer.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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