La Fédération industrielle des charcutiers traiteurs porte plainte contre Yuka. Ce, alors que la pétition pour faire interdire les nitrites dans la charcuterie récolte plus de 325.000 signatures. En parallèle, un rapport parlementaire propose d’interdire les additifs nitrés dans la charcuterie. Une proposition de loi en ce sens voit le jour.

la fédération de la charcuterie porte plainte contre Yuka à cause de la pétition visant à interdire les nitrites
yuka, la Ligue contre le cancer et Foodwatch proposent de signer une pétition pour interdire les nitrites dans la charcuterie. PHOTO//Natura Sciences

Lorsqu’un utilisateur de Yuka scanne un produit contenant des nitrites, il est automatiquement invité à signer une pétition pour demander l’interdiction des nitrites ajoutés. Il n’en fallait pas moins à la Fédération industrielle des charcutiers traiteurs (FICT), qui représente environ 300 entreprise, pour réagir. Début janvier, elle a assigné en justice Yuka. Un courrier des avocats de la FICT daté du 7 octobre 2020 demandait à Yuka de retirer la pétition. Il demandait aussi la modification du système de notation sur les produits comportant les additifs E249, E250, E251 et E252.

Yuka a lancé la pétition en novembre 2019 avec Foodwatch et la Ligue contre le cancer une pétition. Alors que la pétition récolte plus de 325.000 signatures, Yuka s’insurge de cette tentative d’intimidation. “Il s’agit d’une tentative inacceptable de bâillonner l’information. Notre mission est d’aider chacun à faire le meilleur choix pour sa santé. Il n’est pas question de céder face à des menaces non fondées”, a réagi Benoit Martin, co-fondateur de Yuka.

Des députés proposent l’interdiction des nitrites

Près de 4.000 cas de cancers colorectaux et de l’estomac par an sont imputés à la charcuterie nitritée, selon la Ligue contre le cancer. “Il est certain que les charcuteries sont cancérogènes et que les nitrites et nitrates ajoutées causent, ou à tout le moins, renforcent cette cancérogénicité”, conclut un rapport parlementaire des députés Richard Ramos (MODEM), Barbara Bessot-Ballot (LREM) et Michèle Crouzet (MODEM). Il préconise l’interdiction des nitrites et nitrates ajoutés dans la charcuterie. Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer saluent ces conclusions.

Les trois rapporteurs de la mission parlementaire ont déposé une proposition de loi. Intitulée “Interdiction progressive des additifs nitrés dans les produits de charcuterie”, elle propose une interdiction progressive entre 2023 et 2025 du nitrite de potassium (E249), du nitrite de sodium (E250), du nitrate de sodium (E251) ou du nitrate de potassium (E252). Avant, elle propose d’apposer sur les produits la mention : “contient des nitrites ou des nitrates ajoutés et qui peuvent favoriser les cancers colorectaux”. Elle propose aussi indiquer la quantité ajoutée d’additifs nitrités ou nitratés.

La première lecture à l’Assemblée nationale devait initialement avoir lieu fin janvier. Elle se déroulera très probablement après la remise de l’avis sur le sujet de l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire (Anses). L’avis est attendu pour le printemps prochain.

Les industriels savent produire sans nitrites ajoutés : depuis des années, Herta, Fleury Michon, Aoste et Biocoop le prouvent et maintenant Le Gaulois vient de l’annoncer sur l’intégralité de sa gamme. Leur double-jeu doit cesser. Il est temps aujourd’hui de se passer de ces additifs E249, E250, E251, E252 pour tous les produits”, réagit Karine Jacquemart de foodwatch. Il n’y a aujourd’hui plus d’excuse pour ignorer cette question de santé publique estiment ces associations.

Par Matthieu Combe

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