L214 s’attaque à un élevage intensif de poulets qui projette de s’agrandir. L’élevage se situe à Pihem dans le Pas-de-Calais. Le conseil municipal de la commune s’oppose à ce projet d’extension, partage l’association.

L214 enquête élevage industriel poulets
L’élevage aimerait ouvrir deux nouveaux bâtiments pouvant accueillir 50.000 poulets chacun // PHOTO : Sébastien Arsac, L124

L’élevage de 22.000 poulets dans le collimateur de L214 se trouve à Pihem dans le Pas-de-Calais. L’exploitant veut y multiplier sa production par cinq, via la création de deux bâtiments supplémentaires permettant d’accueillir plus de 50 000 poulets chacun.

Si la préfecture donnait son autorisation, le nombre de poulets produits chaque année passerait de 150 000 à 825 000″, explique Sébastien Arsac, co-fondateur de L214. Il compterait alors parmi les plus gros élevages de la région. L’association antispéciste L214 l’affirme très clairement : “Nous voulons faire barrage à cette demande d’extension délirante”. L214 appelle la préfecture à ne pas autoriser cet agrandissement via une pétition portée avec Aives, PHEA et Flandres au nom de la terre.

Des poulets difformes pour un élevage peu rentable

Pour motiver sa demande, L214 montre des images d’animaux difformes. En effet, la sélection génétique et la nourriture destinée à faire grossir le plus rapidement possible les poulets ne produit pas toujours les meilleurs résultats. “À 15 jours, les images montrent des têtes de poussins sur des corps de poulets, relève L214. À 30 jours, beaucoup d’entre eux sont fortement boiteux.

Lire aussi : Choisir ses œufs pour éviter les massacres de poussins

Le dossier d’agrandissement déposé à la préfecture ne semble pourtant pas si rentable. Pour financer son projet, l’éleveur devrait emprunter près de 1,4 M€ sur 12 ans et rembourser 10 500 € par mois, pour espérer se verser un salaire de 800 € par mois. “En 2019, la société était déficitaire, l’exploitant n’a rien gagné, même pas son salaire, relève L214. Aujourd’hui, la trésorerie est faible : 10 000 € , juste assez pour assurer le fonds de roulement.”

Matthieu Combe

Natura Sciences en accès libre grâce à vous !

Natura Sciences est un média qui appartient intégralement à ses lecteurs et à ses journalistes. Nous avons fait le choix de refuser les publicités pour préserver notre indépendance. Nos articles sont en accès libre pour que tout le monde puisse s’informer sur les enjeux écologiques et climatiques, sans distinction de revenus.

Mais l’information a un coût. Nous faisons donc appel à vous pour financer nos travaux et rémunérer notre équipe. C’est ainsi que nous pourrons vous proposer rapidement encore davantage de contenus, de reportages et d’enquêtes.

Nous avons besoin de vous, merci pour votre soutien !


La rédaction vous conseille aussi :