Réseau Vrac rassemble les professionnels pour le développement de la vente en vrac en France. Face à la crise sanitaire, le réseau réagit pour promouvoir les bonnes pratiques. Lumière avec Célia Rennesson, directrice de Réseau Vrac.

vente en vrac crise coronavirus
La crise du coronavirus met le vrac à rude épreuve. Mais le secteur résiste. PHOTO//CC0 Domaine public

Dès le début du confinement, Réseau Vrac a émis 7 préconisations d’hygiène à destination des commerçants vendant des produits en vrac. « Nous recommandons par exemple de ne plus faire de libre service pour le vrac, mais de faire du service assisté, y compris pour les fruits et légumes, partage Célia Rennesson, directrice de Réseau vrac. Les recommandations portent aussi sur le nettoyage et la désinfection encore plus régulière de toutes les surfaces de vente et des poignées des silos et ustensiles du vrac. »

Le vrac explose et veut résister à la crise

Depuis 2017, le marché du vrac explose. Le chiffre d’affaires du vrac s’élève en France à 1,2 milliard d’euros. La dynamique du secteur demeure très élevée, avec une croissance annuelle moyenne de l’ordre de +50%. « Environ 70% des grandes surfaces et 88% des magasins bio sont aujourd’hui équipés d’un rayon vrac, avance Célia Rennesson. Plus de 400 magasins spécialisés vrac [cf. la carte ici] ont ouvert ces dernières années dans toute la France. »

Réseau Vrac a mis en place un baromètre pour mesurer le comportement de la filière durant la crise sanitaire. Les magasins se sont ainsi réorganisés pour la plupart selon ces recommandations pour que les clients ne manipulent pas les produits. Plus de 9 magasins spécialisés vrac ont réorganisé leur mode de vente et 97% restent ouverts. 98% des rayons vrac des magasins bio adhérents au Réseau Vrac sont restés ouverts. Et 98% des fournisseurs restent actifs.

« Dans plus de 5000 supermarchés, le rayon vrac est sous-traité », explique Célia Rennesson. La recommandation du sous-traitant consiste à demander aux clients de prendre un sachet mis à disposition par le magasin, de mettre la main dedans afin d’actionner la poignée et d’éviter le contact direct avec la peau. Les hypermarchés n’ont pas encore remonté au réseau d’informations concernant la continuité des rayons vrac. Toutefois, il semblerait que plusieurs supermarchés aient choisi de condamner leur rayon vrac.

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Pas plus de risques avec le vrac qu’avec des produits emballés

Plusieurs magasins ou clients craignent que le vrac soit plus dangereux en période de crise sanitaire que les produits emballés. Pourtant, on ne serait pas plus à l’abri dans un supermarché que dans un magasin de vrac. « Nous sommes même peut-être plus précautionneux que l’emballé grâce aux recommandations d’hygiène mises en place, assure Célia Rennesson. Dans un supermarché, les clients manipulent en permanence les poignées des frigos et des emballages qui ont pu être reposés par une personne contaminée ». Le service assisté limite les risques de propagation du virus sur les surfaces du magasin. « J’aurais tendance à penser que ce mode de consommation [le vrac] est peut-être plus protecteur pour le consommateur », a jugé également la sécrétaire d’Etat Brune Poirson devant la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. « Le vrac n’est pas plus dangereux en période de crise qu’en période normale », a prévenu Brune Poirson.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura Sciences


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