La France, l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, et l’Union européenne lancent un partenariat avec l’Afrique du Sud pour aider le pays à sortir du charbon. Pour ce faire, les pays vont débloquer 8,5 milliards de dollars.

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Cyril Ramaphosa, chef d’État de l’Afrique du Sud, se félicite de ce nouveau partenariat. // PHOTO : Alexandros Michailidis / Shutterstock

À l’occasion de la COP26, les annoncent pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C se poursuivent. Saviez-vous que l’Afrique du sud dépend à 70% du charbon pour sa production électrique ? Pour aider le pays à sortir du charbon et ainsi réduire ses émissions de gaz à effet de serre, plusieurs pays s’engagent.

Mardi à Glasgow, les gouvernements de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, des États-Unis d’Amérique, de la France et du Royaume-Uni, et l’Union européenne, ont ainsi annoncé le lancement d’un nouveau partenariat pour une transition énergétique de l’Afrique du Sud. Cette initiative vise à appuyer les efforts de décarbonation du pays. Pour ce faire, l’ambition est de sortir des énergies carbonées, dont le charbon. Cette ambition permettra à l’Afrique de Sud d’atteindre les nouveaux objectifs de sa contribution nationale déterminée (CDN). Le pays prévoit de réduire ses émissions de 28 % par rapport à leur niveau de 2015 et d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Toutes les pistes sont à l’étude, notamment les énergies renouvelables et l’hydrogène produit à partir d’énergie décarbonée.

Une aide financière des pays partenaires

Cette ambition pour sortir du charbon s’accompagne d’une aide financière de 8,5 milliards de dollars pour la première phase de développement. Il s’agira des subventions, de prêts au taux d’intérêts inférieur à celui du marché, et d’investissements. Ce partenariat pourrait permettre d’éviter jusqu’à 1,5 gigatonne d’émissions au cours des vingt prochaines années. « Nous espérons que ce partenariat à long terme pourra servir de modèle pertinent de soutien des pays développés aux pays en développement dans le domaine de l’action pour le climat, reconnaissant l’importance d’une transition juste vers une société sobre en carbone et résiliente face aux changements climatiques, qui favorise l’emploi et améliore les conditions de vie” a déclaré Cyril Ramaphosa, chef d’État de l’Afrique du Sud.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se réjouit de la logique positive de cet accord : « L’accord avec l’Afrique du sud est pour moi un élément de référence très intéressant. Voilà un pays qui a le courage de dire je veux engager sur le fond une politique de décarbonation de mon énergie mais je suis tellement dépendant qu’il faut m’aider et il trouve les partenaires nécessaires pour le faire. C’est assez exemplaire et cela pourrait servir de leçons pour d’autres ».

Cette ambition affichée par l’Afrique du Sud aura des répercussion sur les communautés et les travailleurs, notamment du secteur minier. Mais ces enjeux semblent bien avoir été pris en compte dans le cadre de ce partenariat. La déclaration évoque en ce sens des programmes de reconversion et d’accompagnement. “Ce nouveau partenariat […] bénéficiera de la coopération ancienne entre la France et l’Afrique du Sud dans le cadre de l’action de l’Agence française de développement. Et nous espérons qu’il deviendra la norme pour mettre en place d’autres partenariats de ce type à l’avenir. La France se tient prête”, a affirmé Emmanuel Macron. Ce partenariat reste ouvert à d’autres pays souhaitant apporter une contribution financière. Pour l’instant aucune échéance pour cette sortie du charbon n’est fixée.

Ouns Hamdi

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