Ce dimanche 15 mars, les électeurs seront invités à se rendre aux urnes pour le premier tour des élections municipales. Face à une majorité fragilisée par les différentes crises, les partis d’opposition tiennent la garde. Derrière le trio de tête LREM, LR, PS, les sondages créditent les listes vertes de plus de 10% des suffrages. Mais dans certaines (grandes) villes, les candidats écologistes pourraient créer la surprise.

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Julien Bayou, secrétaire national d’EELV croit dans la percée des écologistes aux municipales. PHOTO//CC0 Domaine public

Une nouvelle vague verte pourrait-elle une deuxième fois se répandre sur la France ? Ce dimanche 15 mars se tiendra le premier tour des élections municipales. Malgré le renforcement des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus, le scrutin est maintenu. L’an dernier, lors des élections européennes, les écologistes ont créé la surprise. Sur l’ensemble du territoire national, les listes menées par Europe Écologie Les Verts (EELV) avaient remporté 13,5% des suffrages. À quelques jours du vote, les sondages ne donnaient que 7 à 9% des voix aux écologistes.

Interrogé par Public Sénat, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, affirme les ambitions du parti. Selon lui, « il y a un enjeu majeur à faire entrer massivement des écologistes dans des mairies, voire à prendre des mairies ». « Il y a des endroits où on est porté par une vague » ajoute-t-il. L’ancien secrétaire général du parti, David Cormand, espère que les bons résultats aux européennes serviront aux municipales. Or, un tel mécanisme n’est pas nécessairement évident. Après les bons scores des écologistes aux élections européennes de 2009, l’engouement avait fléchi lors des scrutins suivants. « On a fait les cons après 2009 » confesse-t-il à Public Sénat.

Les écologistes veulent plus que Grenoble

Dans plusieurs grandes villes, les candidats soutenus par le parti sont en bonne posture. Actuellement la seule une commune française de plus de 100.000 habitants administrée par un maire EELV est Grenoble. Depuis 2014, Eric Piolle est le maire écologiste du chef-lieu de l’Isère. Cette année, il remet son mandat en jeu. Selon un sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Bleu Isère et « Le Dauphiné libéré » du 24 février 2020, M. Piolle est en tête des intentions de vote au premier tour. Ainsi, le maire sortant remporterait 36% des suffrages, devant Alain Carignon, sans étiquette (SE) qui aurait 20% des suffrages. Le candidat du Parti socialiste (PS) Olivier Noblecourt en aurait, quant à lui 19%. La candidate La République en marche (LREM) Emilie Chalais arriverait en quatrième position, avec 16% des suffrages.

À Lyon, Grégory Doucet ne fait, lui non plus, pas taire ses ambitions. « Quand j’ai été élu secrétaire de EELV Rhône, j’ai tout de suite dit que notre ambition était de gagner Lyon et la métropole » confie-t-il dans les colonnes du magazine Lyon Capitale. Engagé depuis 2007 auprès du parti écologiste, M. Doucet talonne Yann Cucherat (LREM), soutenu par le maire sortant, Gérard Collomb. Selon un sondage BVA pour « Mag2Lyon », le candidat de la majorité remporterait 22% des suffrages au premier tour. M. Doucet arrivera en deuxième position, avec 19% des voix. Le candidat Les Républicains (LR) Etienne Blanc, est donné en troisième position, avec 18% des suffrages exprimés.

Jouer un rôle décisif pour le second tour des élections municipales

Dans d’autres villes, les candidats écologistes pourraient jouer des rôles décisifs lors du second tour. À Bordeaux, les élections promettent de prendre un tour historique. Depuis 1947 et à l’occasion de chaque élection municipale, les Bordelais ont toujours élu leur édile au premier tour. Ainsi, Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé étaient toujours parvenus à obtenir plus de 50% des suffrages dès le premier tour. Cela pourrait changer cette année. Selon un sondage BVA pour Europe 1 et Orange, le maire sortant Nicolas Florian (LR) ne devrait pas connaître le même destin que ses prédécesseurs. Bien que favori pour remporter l’élection, le successeur d’Alain Juppé, également soutenu par le Modem, ne dispose que de 40% des intentions de vote.

Face à lui, Pierre Hurmic (EELV) arriverait en seconde position et détiendrait 30% des intentions de vote. Dans cette ville historiquement à droite, ce score s’explique par la résurgence des préoccupation des Français pour les questions environnementales. Selon un sondage Harris Interactive, 45% des électeurs affirment pouvoir voter pour une liste EELV dans une grande ville. Après la sécurité (41%) et les impôts locaux (33%), la préservation de l’environnement est la troisième plus grande préoccupation des Français (31%).

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du magazine Natura Sciences


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