Plusieurs appels émergent pour faire de la relance post-Covid l’heure de l’écologie, du climat et du social. Entre autres, le Pacte du pouvoir de vivre, l’Appel commun pour une reconstruction écologique, sociale et sanitaire et Le temps est venu. Le gouvernement devra répondre à cette demande de dialogue.

grenelle du covid-19
La crise sociale à venir pourrait être encore plus violente que celle des Gilets jaunes. PHOTO//CC BY-SA 2.0, did.van

Début mai, 55 organisations – associations sociales et environnementales, syndicats, mutuelles, fondations – ont lancé le Pacte du pouvoir de vivre. Il comprend 66 propositions dont 15 mesures urgentes à mettre en œuvre dès la fin du confinement. Ce Pacte défend la convergence de l’écologie et du social, afin de garantir la cohésion sociale. En particulier, les organisations demandent l’organisation d’une Conférence de la transformation écologique et sociale. « L’ambition consiste à réunir très largement des organisations de la société civile pour voir comment il est possible d’organiser la résilience écologique et sociale », prévient Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement.

Des appels pour allier écologie et social

Pour ne citer qu’eux, France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme (FNHNH) sont à la fois signataires du Pacte pour le pouvoir de vivre et d’autres appels. Ainsi, France Nature Environnement est également signataire aux côtés de 72 autres organisations de l’Appel commun pour une reconstruction écologique, sociale et sanitaire. Cet appel demande aux élus de renforcer les services publics essentiels. Mais aussi d’accélérer les activités et métiers de la transition écologique et sociale. Et de ralentir les activités menant aux désastres écologiques et sociaux. Tout citoyen peut signer l’appel et interpeller ses députés et ministres par mail.

La FNHNH a lancé de son côté 100 principes et 5 propositions dans sa campagne #LeTempsEstVenu. Elle appelle de ses vœux une Europe des solidarités et le financement de la transition écologique dans les territoires. Elle souhaite mettre fin au libre-échange, relocaliser en France et en Europe et demande des contreparties environnementales aux soutiens budgétaires. « Tous les appels, qu’ils soient groupés ou issus de tribunes convergent vers ce besoin d’un temps de dialogue », insiste Arnaud Schwartz.

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Éviter une nouvelle crise sociale profonde

La colère gronde dans différents milieux et domaines d’activité. « Nous pressentons les risques d’une forme d’explosion sociale dans les semaines ou mois qui viennent, surtout si le chômage et les difficultés économiques augmentent fortement, poursuit le président de France Nature Environnement. À l’issue de la crise sanitaire, le personnel soignant par exemple demandera des comptes. »

Arnaud Schwartz assure que le gouvernement est à l’écoute et que « une réflexion est en cours ». « Le gouvernement veut maintenir l’ambition de verdissement au niveau français, européen et international, croit-il. C’est un premier point intéressant, il faudra voir comment l’ambition peut se traduire concrètement ». Toutefois, les incertitudes liées à la circulation du virus ne sont pas propices à des annonces groupées. Elles devraient plutôt se faire au fil de l’eau.

« Le gouvernement a entendu les demandes multiples, émanant de différents endroits de la société civile organisée, qui appellent à une forme de dialogue, prévient Arnaud Schwartz. Cela pourrait être un Grenelle post-covid, une conférence de la résilience ou encore une conférence de la transition écologique et sociale. » Les organisations attendent désormais la réponse officielle du gouvernement à leurs différents appels.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura Sciences


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