epr taishan incident

Rien d’anormal“. La Chine s’est voulue rassurante ce mardi lors de sa première réaction officielle à un problème d’étanchéité dans sa centrale nucléaire de Taishan. Pékin assure que les niveaux de radioactivité n’ont rien de préoccupant.  Les deux réacteurs de Taishan, situés à environ 120km à l’ouest de Hong Kong, sont pour l’instant les seuls EPR à être entrés en service dans le monde.  EDF est actionnaire à 30% de la centrale aux côtés du groupe national CGN.

EDF et les autorités chinoises veulent rassurer

L’énergéticien français a fait état de la présence de “gaz rares” dans le circuit primaire du premier réacteur, après la dégradation de la gaine de quelques “crayons” contenant les pastilles d’uranium. Le groupe avait l’information dès octobre. Mais samedi des informations lui sont parvenues faisant état d’une hausse des concentrations de gaz. Un phénomène “connu” et “prévu“, selon EDF.  La chaîne américaine CNN a annoncé lundi une possible “fuite” dans cette centrale.
 
Les médias chinois, contrôlés par le régime communiste, observent une grande discrétion sur cette affaire. “D’après les informations fournies par les autorités compétentes, la situation actuelle à la centrale nucléaire de Taishan répond aux exigences techniques“, a déclaré devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.”Il n’y rien d’anormal dans la radioactivité autour de la centrale nucléaire et la sécurité est garantie”, a assuré Zhao Lijian. L’organisme chinois de sûreté nucléaire a fait état ces derniers mois d’un incident survenu à Taishan. Le 5 avril, une “petite quantité de gaz radioactif a pénétré de manière inattendue” dans la canalisation étanche du premier réacteur de la centrale, avait indiqué le régulateur. Et la quantité de gaz alors rejetée représentait 0,00044% de la limite annuelle réglementaire, selon lui.  Il n’est pas clair s’il s’agit du même problème que celui évoqué lundi.

Barabara Pompili invite à ne pas réagir en France

Aucune détection inhabituelle de radionucléide [un atome radioactif, NDLR] n’a été rapportée jusqu’à présent“, a fait savoir mardi depuis Vienne la CTBTO, l’organisation responsable de l’application du traité d’interdiction des essais nucléaires. L’organisme dispose d’un réseau de plusieurs centaines de stations de surveillance des émissions de radioactivité anormales, y compris d’origine civile.

Lire aussi : EPR de Flamanville : les tests continueront malgré une fuite de documents sensibles

La Chine compte une cinquantaine de réacteurs en fonctionnement. Le pays se classe ainsi au troisième rang mondial derrière les États-Unis et la France. En France, les critiques contre l’EPR se multiplient depuis l’annonce de l’incident à Taishan. Mais Barbara Pompili, ministre de la Transition écologiqu, appelle à ne pas prendre de décisions hâtives sur de futurs chantiers. “Toutes les énergies ont des avantages et des inconvénients, regardons-les mais ne réagissons pas à chaud“, a plaidé mardi sur France Inter la ministre, opposante de longue date au nucléaire. Le problème révélé à Taishan intervient au moment où EDF espère de nouveaux chantiers pour son réacteur.

Source : AFP

Photo : EPR de Taishan, DR

VOTRE SOUTIEN À NATURA SCIENCES EST CAPITAL !

Natura Sciences est un média indépendant qui permet à tout le monde de s’informer sur les enjeux écologiques et climatiques. Nous avons fait le choix de refuser les publicités pour préserver notre indépendance.

Mais l’information a un coût. Nous faisons donc appel à vous pour financer nos travaux et rémunérer notre équipe. C’est à ce prix que nous pourrons vous proposer rapidement encore davantage de contenus, de reportages et d’enquêtes.

Nous avons besoin de vous, merci pour votre soutien !


La rédaction vous conseille aussi :