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« Le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre visé par l’ensemble des mesures déjà prises au cours du quinquennat et proposées dans le projet de loi Climat et Résilience est globalement à la hauteur de l’objectif de 2030, sous réserve de leur exécution intégrale et volontariste », estime le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) dans un rapport publié mercredi.

Les critiques pleuvent sur le manque d’ambition du projet de loi « Climat et résilience » présentée mercredi en Conseil des ministres. Alors, le gouvernement a commandé une étude au cabinet BCG. Objectif : estimer l’impact de l’ensemble des mesures prises depuis le début du quinquennat. Ainsi, le rapport considère notamment le plan de relance, les lois de finance, la loi alimentation et loi économie circulaire. « Il était important pour nous de regarder l’ensemble des mesures engagées depuis le début du quinquennat », a-t-on noté à Matignon.

La France s’est engagée à réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990. Elle devrait ainsi atteindre un plafond d’émissions de 330 millions de tonnes de CO2 en 2030. Contre 445 millions en 2018.

Atteindre les objectifs à condition d’appliquer toutes les mesures

Dans un scénario « volontariste », l’étude estime que les émissions pourraient atteindre 339 millions de tonnes en 2030. Cela reviendrait à une baisse de 38% par rapport à 1990. Mais cela supposerait que l’ensemble des mesures soit « parfaitement exécuté ». Et ce, « sans aucune exception et ce malgré le contexte actuel difficile de la crise économique ».

Le BCG note ainsi que seule une faible partie de ce potentiel de baisse d’émissions sera « probablement atteinte ». Il observe une part beaucoup plus importante « difficilement atteignable ». Dans tous les cas, atteindre l’objectif « suppose d’engager des moyens inédits », financiers et industriels.

« Cela dit qu’il va falloir maintenir au-delà de 2022-2023 un effort financier important », au-delà du plan de relance, reconnaît-on à Matignon. L’étude attire également l’attention sur le fait que l’Union européenne vient de hausser à 55% son objectif de baisse d’émissions pour 2030. La France de devra forcément prendre sa part, même si la répartition demeure inconnue à ce jour.

Enfin, les mesures en cours permettent « uniquement de s’approcher de l’objectif » de 2030. « ll serait a fortiori difficile d’aller bien au-delà à horizon 2030, comme cela est discuté dans les scénarios européens, sans changement de paradigme », souligne le BCG. Un changement de paradigme qui nécessiterait « des investissements massifs dans des ordres de grandeurs bien supérieurs à ceux actuellement envisagés », « une mobilisation politique et sociétale de très grande ampleur », et « une forte acceptabilité de la nécessité de cette transition ».

Natura Sciences avec AFP

Photo : Valmedia, Shutterstock


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