Les feux de cheminées et l’utilisation des appareils de chauffage fonctionnant au bois devaient être grandement réglementés en Ile-de-France à partir du 1er janvier 2015. Mais la ministre de l’écologie Ségolène Royal a demandé aux préfets d’annuler les arrêtés en question. Retour sur une course contre la montre, alors que le pays fait face à un nouvel épisode de pics de pollution.

interdiction feux cheminée paris

Les feux de cheminée sont en théorie interdits à Paris depuis le 1er janvier, mais cette interdiction devrait être levée dans le courant du mois. PHOTO//Pixabay

Cette mesure était prévue depuis plusieurs mois. Mais Ségolène Royal semble avoir découvert ce dossier début décembre. Plutôt favorable à l’instauration de subventions afin d’inciter les particuliers à moderniser leurs appareils de chauffage, elle était alors montée au créneau qualifiant cette décision d’« excessive ». Car, comme elle aime le rappeller, elle n’est pas partisane de ce qu’elle appelle « l’écologie punitive ».

Fin décembre, la ministre a obtenu gain de cause. Selon la préfecture d’Île-de-France, le Conseil de l’Environnement et des Risques sanitaires et technologiques (Coderst) de Paris a donné un avis favorable à une modification de l’arrêté dans la capitale. L’annulation n’est pas encore entérinée : il faudra pour cela attendre l’avis des Coderst des autres départements concernés en région parisienne (pour les 435 autres communes concernées de la région), et un nouvel arrêté inter-préfectoral entérinant ce résultat. Ce devrait être chose faite d’ici la mi-janvier.

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Un combat difficile contre les particules fines en perspective

Les contours du nouvel arrêté ne sont néanmoins pas encore connus. Tout mode de chauffage au bois sera-t-il encore autorisé ou y aura-t-il tout de même des restrictions pour les feux de cheminées en foyer ouvert? La question demeure également ouverte.

La levée de cette interdiction est justifiée par le fait que le chauffage au bois ne représenterait que 7% des particules respirées en ville et 4% le long des axes routiers, selon des mesures d’Airparif. Bien qu’impopulaire, cette interdiction avait le mérite de commencer un combat de longue haleine contre les particules fines. Reste à savoir si d’autres mesures concrètes seront prises pour mettre fin à ces épisodes répétés de pollution. Agir contre les émissions liées au diesel, au fioul, au kérosène, au charbon, aux incinérateurs, à la combustion de biomasse à l’air libre… les pistes restent ouvertes !

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Auteur : Hugo Lebout, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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