À l’occasion du lancement de la quinzaine du commerce équitable, Pascal Canfin et Benoît Hamon ont présenté leur plan de soutien au commerce équitable. Ce plan prévoit 7 millions d’euros de financement sur 3 ans et porte l’objectif de tripler les ventes du secteur. La Plate-forme pour le commerce équitable est quant à elle revenue sur les chiffres du secteur. Petit tour d’horizon.

commerce équitable

Pascal Canfin, le 20 février 2013, lors de la conférence « Repenser la politique de développement et de partenariat de la France » © Philippe Grangeaud

« Ce n’est pas forcément tous les jours simples de mobiliser 7 millions d’euros nouveaux dans le contexte budgétaire », a souligné Pascal Canfin, ministre délégué au Développement auprès du ministre des Affaires étrangères, lors de l’ouverture officielle de la quinzaine du commerce équitable au Palais du Luxembourg, à Paris.

Le chiffre d’affaires du commerce équitable s’est élevé à 408 millions d’euros en France en 2012. C’est 37 millions de plus qu’en 2011, soit une croissance de 10 %. Concrètement, ramené à la population française, cela ne fait qu’un panier moyen à 6,24 € par français et par an. Il va donc falloir mettre les bouchées doubles pour rattraper nos voisins britanniques qui dépensent déjà 34 euros par an et par habitant. Mais on le sait, pour développer un secteur, il faut que celui-ci soit structuré. Pascal Canfin et le ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation, Benoît Hamon, misent donc sur un triplement des ventes en 3 ans, grâce à des mesures concrètes d’accompagnement du secteur.

Le plan prévoit de faciliter la sécurité économique des différents acteurs, notamment pour les aider à préfinancer les récoltes. Il prévoit également « la reconnaissance par les pouvoirs publics des différents labels de commerce équitable et des systèmes de garantie », prévient Pascal Canfin. « Ce dosser a été ouvert il y a longtemps, trop longtemps, et nous devons maintenant trouver une issue à ces débats », insiste-t-il. Cette reconnaissance est importante pour les consommateurs particuliers, mais surtout pour les consommateurs collectifs. Si certains acteurs publics ont déjà franchi le pas, « pour changer d’échelle, nous avons besoin de cette sécurité juridique supplémentaire », rappelle-t-il. Ce sera l’un des axes prioritaires de travail du ministre.

Si le label Fairtrade/Max Havelaar est désormais largement reconnu et distribué dans plusieurs grandes surfaces, d’autres sont beaucoup moins connus. Le Guide des labels du commerce équitable, élaboré par la Plate-Forme pour le commerce équitable (PCFE), en recense plusieurs autres. On citera au moins Ecocert Equitable et Bio équitable qui garantissent des produits équitable ET issus de l’agriculture biologique. Notons toutefois que, par choix, Bio équitable n’est distribué que dans les magasins spécialisés.

Comment se répartissent les ventes de produits équitables ?

En termes de chiffres d’affaires, l’alimentaire a représenté 84 % des ventes en 2012, le textile 11 %, les cosmétiques 2 %, l’artisanat 2% et le tourisme seulement 1 %. Fin 2012, 6 749 références de produits étaient vendues sous l’étiquette équitable.

Les produits issus du commerce équitable se sont démocratisés. La consommation au domicile représente 65 % des ventes. Elle repose sur les achats en grandes et moyennes surfaces traditionnelles (pour 42 % d’entre eux), en boutiques spécialisées bio (15 %), en boutiques spécialisées de commerce équitable (7 %) et sur d’autres systèmes de distribution (1 %) : vente en ligne, pharmacies, etc. De son côté, la consommation hors domicile, notamment en restauration collective publique et privée, représente 35 % des ventes.

Aujourd’hui, les magasins bio et la consommation hors domicile, via les collectivités territoriales et les achats publics, tirent particulièrement la croissance. « Les collectivités territoriales ont un grand rôle à jouer dans le développement du commerce équitable au-delà des réseaux de distribution pour les particuliers », assure Emmanuelle Cheilan, porte parole de la PCFE.

Le commerce équitable crée-t-il des emplois ?

En France, 266 entreprises sont engagées dans le commerce équitable. Parmi celles-ci, 18 ne proposent que des produits équitables, 165 sont des entreprises bio et 83 sont des entreprises conventionnelles. Ces entreprises sont principalement des TPE et des PME, mais il y a aussi des multinationales qui proposent des produits issus du commerce équitable dans leur gamme de produit. Si les  engagements de ces entreprises sont variables, elles créent presque 11 900 emplois directement liés au commerce équitable.

Selon la PCFE Le commerce équitable français travaille avec plus de 900 organisations de petits producteurs structurés dans 63 pays producteurs. Cela représente 1,5 millions de producteurs, pour 8 millions de personnes bénéficiaires.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

La rédaction vous conseille aussi :

  • Belle initiative et bonnes nouvelles pour le commerce équitable.

  • Super nouvelle !